L’ordre économique de l’après-guerre est menacé

Par James Langton | 19 January 2026 | Last updated on 16 January 2026
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Homme d'affaires équilibrant sur le piédestal de boule et de cirque.
DNY59 / iStock

Même dans les meilleures circonstances, les prévisions économiques relèvent davantage de l’art que de la science, mais, avec la flambée des risques géopolitiques, l’exercice devient plus difficile que jamais, affirme Desjardins.

Dans un nouveau rapport, les économistes de la Coopérative soulignent que des événements récents, allant de l’intervention militaire américaine au Venezuela aux plus récents coups de semonce dirigés vers le Groenland, signalent un changement dans certaines hypothèses fondamentales qui sous-tendent les prévisions économiques.

« Pendant plusieurs décennies, l’analyse macroéconomique s’est inscrite dans un cadre implicite de stabilité géopolitique relative. Il existait un consensus autour de fondations apparemment solides reposant sur le respect de l’état de droit, l’indépendance de la politique monétaire et la robustesse des institutions », indique le rapport.

Or, aujourd’hui, l’ordre international fondé sur le respect de l’état de droit est menacé et, par conséquent, le cadre sur lequel reposent les prévisions économiques « est désormais remis en question », précise-t-il.

Les répercussions de ce virage « pourraient être bien plus profondes que ne le laissent croire les réactions immédiates des marchés », avertit le rapport.

« Il est rationnel que les marchés ne surréagissent pas si l’intervention demeure limitée dans sa portée et si les attentes à l’égard de variables clés comme la croissance, les bénéfices et la politique monétaire restent largement ancrées. Mais le cadre de référence utilisé par les agents économiques est en train d’évoluer », note-t-il.

« Dans cet environnement de plus en plus turbulent, l’investissement devient plus sensible au risque politique, les chaînes de valeur sont plus vulnérables aux perturbations et les primes de risque deviennent plus volatiles », ajoute le rapport.

Dans ce contexte, « il y a lieu de faire preuve d’une certaine humilité quant aux limites de la prévision économique à l’aube de la nouvelle année, conclut Desjardins. L’économie demeure un puissant outil d’analyse, mais elle doit désormais être envisagée aux côtés de dynamiques autrefois reléguées aux manuels d’histoire. »

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James Langton

James Langton est journaliste pour Advisor.ca et Investment Executive. Depuis 1994, il fait des reportages sur la réglementation, le droit des valeurs mobilières, l’actualité de l’industrie et plus encore.