Malgré des taux en baisse, la dette des Canadiens augmente au T3

Par La rédaction | 5 December 2024 | Last updated on 4 December 2024
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En dépit d’une récente baisse des taux d’intérêt, les Canadiens sont toujours plus endettés, avec une dette de consommation atteignant 2 540 milliards de dollars au troisième trimestre de 2024, soit une augmentation de 4 % par rapport à la même période l’année précédente.

C’est ce que révèle le dernier rapport d’Equifax Canada sur les tendances du crédit liées aux consommateurs.

Si on exclut les prêts hypothécaires, la dette moyenne au troisième trimestre est de 21 810 $, en hausse de 3,7 % par rapport au T3 de 2023.

Le fardeau est notamment plus lourd pour les personnes de 46 à 55 ans dont la dette moyenne s’élève à 34 317 $ (+4,7 %). Chez les 56 à 65 ans, l’endettement atteint 28 410 $, en hausse de 6,2 %, la plus forte augmentation parmi tous les groupes d’âge.

C’est au Manitoba et au Québec que la dette moyenne est la moins élevée, soit respectivement 18 086 $ et 19 027 $. Les Albertains (24 555 $) et les Terre-Neuviens (24 771 $ en forte hausse de 7,7 %) ferment la marche.

PRÊTS AUTO ET CARTES DE CRÉDIT

Parmi les principaux responsables de cette hausse figure le secteur des prêts automobiles, qui connaît une forte croissance, notamment chez les prêteurs non bancaires (13,6 %).

Rebecca Oakes, vice-présidente des analyses avancées à Equifax Canada, note une amélioration de l’accessibilité dans le secteur automobile grâce à la baisse des prix des véhicules d’occasion et à de meilleures offres de financement.

Les dettes de cartes de crédit présentent pour leur part un tableau mitigé. Bien que certains consommateurs parviennent désormais à rembourser leurs soldes intégralement, l’endettement global par carte de crédit continue d’augmenter, affichant une hausse de 9,4 % sur un an.

« Bien que certaines améliorations soient observées, de nombreux Canadiens continuent de ressentir une pression financière importante », note Rebecca Oakes, tout en exhortant les consommateurs à faire preuve de prudence dans leurs dépenses à l’approche de la période des Fêtes.

UN RÉPIT, MAIS PAS POUR TOUS

Si l’assouplissement des taux offre un léger répit à certains consommateurs, d’autres, comme les nouveaux arrivants ou ceux disposant d’un historique de crédit limité, continuent de faire face à des difficultés financières accrues.

Selon le rapport, une personne sur 22 de ces groupes a omis un paiement au troisième trimestre de 2024, contre une sur 28 à la même période en 2023.

Les nouveaux arrivants qui ont ouvert des dossiers de crédit à la fin de 2021 et au début de 2022, au sommet des niveaux d’immigration, peinent particulièrement à gérer leur dette dans un contexte marqué par l’inflation et la hausse du chômage.

« Historiquement, les nouveaux arrivants ont montré une bonne performance en matière de crédit au cours des premières années suivant leur arrivée. Toutefois, l’augmentation du niveau de chômage combinée à la forte inflation des dernières années a probablement représenté une pression financière additionnelle importante pour ce groupe », souligne Rebecca Oakes.

PRÊTS HYPOTHÉCAIRES : TAUX D’ARRIÉRÉS EN BAISSE

Pour d’autres segments, comme les détenteurs de prêts hypothécaires, la baisse des taux d’intérêt semble apporter un soulagement. Bien que les taux d’arriérés restent élevés, le rythme de croissance des défauts a ralenti, avec une augmentation annuelle de 9,5 % au troisième trimestre de 2024, contre 11,7 % au trimestre précédent. Cependant, dans des provinces comme l’Ontario et la Colombie-Britannique, où l’abordabilité demeure un défi, les niveaux d’arriérés hypothécaires restent préoccupants.

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La rédaction