Menacé de licenciement, un dirigeant se tourne vers le délit d’initié

Par James Langton | 19 January 2026 | Last updated on 16 January 2026
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Marteau de juge en bois posé sur une pile de livres, dans un décor lumineux et sobre, évoquant le droit et l’autorité.
Jacob Wackerhausen / iStock

Un dirigeant d’entreprise américain a plaidé coupable de fraude en valeurs mobilières après avoir négocié des titres en s’appuyant sur de l’information privilégiée liée à la détérioration des résultats financiers de son entreprise, alors même que son propre poste était menacé.

Paul Jorgensen, ancien dirigeant de la société technologique cotée en Bourse, Doximity, a reconnu avoir négocié des actions et des options de la société alors qu’il détenait de l’information importante et non publique sur sa performance financière.

Selon les documents judiciaires, en juillet 2022, alors que Paul Jorgensen occupait le poste de chef des revenus (chief revenue officer), il a pris connaissance de données de ventes négatives avant leur divulgation publique. Bien qu’il ait d’abord renoncé à négocier sur la base de cette information, il a ensuite été rétrogradé à un poste de vente au sein de l’entreprise. À la suite de cette réaffectation, il a vendu 61 162 actions qu’il détenait secrètement dans un compte de courtage personnel.

Après la publication publique des mauvaises nouvelles, le cours de l’action de la société a chuté de 7 %. En négociant avant cette annonce, Paul Jorgensen a ainsi évité une baisse d’environ 300 000 $ US de la valeur de ses actions, selon les autorités américaines.

En 2023, Paul Jorgensen a de nouveau négocié des titres avant la publication d’autres nouvelles défavorables concernant l’entreprise, notamment une vague de licenciements imminente qui a mené à son propre congédiement. Ces opérations lui auraient permis de réaliser environ 2,3 millions de dollars américains (M$ US) de profits illégaux grâce à des transactions sur actions et options.

« Paul Jorgensen a utilisé à répétition l’information confidentielle de Doximity pour négocier avant les appels trimestriels sur les résultats de l’entreprise, s’octroyant ainsi plus de 2,5 M$ US de profits illégaux », résume Jay Clayton, procureur des États-Unis pour le district sud de New York, dans un communiqué.

Paul Jorgensen, qui a plaidé coupable à deux chefs d’accusation de fraude en valeurs mobilières, doit être condamné le 21 mai.

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James Langton

James Langton est journaliste pour Advisor.ca et Investment Executive. Depuis 1994, il fait des reportages sur la réglementation, le droit des valeurs mobilières, l’actualité de l’industrie et plus encore.