Ne négligez pas vos paiements hypothécaires !

Par La rédaction | 14 August 2025 | Last updated on 13 August 2025
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Modèle de maison avec homme d’affaires signe un contrat d’achat ou une hypothèque pour une assurance habitation d’achat et de vente concernant le prêt hypothécaire Concept immobilier, espace de copie pour le texte de l’éditeur.
David Gyung / iStock

S’il peut sembler anodin de manquer un seul paiement hypothécaire, les conséquences peuvent être bien plus lourdes qu’on ne le croit, prévient Robert McLister, stratège en prêts hypothécaires et analyste des taux d’intérêt dans un article du Financial Post.  

Un simple retard de paiement peut marquer le début d’une pente glissante. Un oubli en entraîne d’autres, les dettes s’accumulent, et avant même de s’en rendre compte, l’emprunteur commet une erreur capitale : ignorer son prêteur hypothécaire.

Cette analyse peut sembler défaitiste, pourtant les données d’Equifax Canada l’appuient et montrent comment la situation peut se dégrader rapidement. Ainsi plus de 29 % des titulaires d’hypothèques en retard de 30 jours passent à 60 jours de retard le mois suivant. Et une fois le cap des 90 jours d’arriérés franchi, il est très difficile de revenir en arrière.

Les répercussions sont majeures, car il devient ensuite très complexe d’obtenir une nouvelle hypothèque. Or, le phénomène s’aggrave : les données d’Equifax soulignent ainsi que les paiements hypothécaires manqués surviennent ont triplé dans certaines provinces depuis 2022.

UNE GRAVE ATTEINTE À LA COTE DE CRÉDIT

Il est important de rappeler à vos clients que les meilleurs taux hypothécaires sont réservés aux emprunteurs irréprochables, ceux dont la cote de crédit est de 680 ou plus. Quelques paiements en retard peuvent faire chuter rapidement une cote sous les 600.

Manquer un paiement hypothécaire a d’encore plus lourdes conséquences. Selon Vince Gaetano, courtier principal et propriétaire de OwlMortgage.ca, un mois de retard sur une dette garantie uit deux à trois fois plus à la cote de crédit qu’un paiement de carte de crédit manqué. Un tel oubli peut entraîner une baisse immédiate de cote de crédit de 100 points.

Et les prêteurs offrant les meilleurs taux ne s’engagent qu’avec les personnes ayant un historique de crédit impeccable sur plusieurs années.

Dans ce contexte, un seul paiement hypothécaire manqué peut suffire à ce qu’un prêteur refuse de renouveler le prêt ou propose des conditions nettement moins avantageuses. Le client pourrait alors être obligé de se tourner vers prêteurs alternatifs, où les taux sont souvent supérieurs de 150 points de base à ceux des emprunteurs solvables.

Et si la situation s’aggrave (plus d’un paiement manqué, voire une reprise de possession), la sanction est encore plus lourde. La prochaine hypothèque pourrait afficher un taux 250 points de base plus élevé, ce qui représente au minimum 2 400 $ d’intérêts supplémentaires par an, pour chaque tranche de 100 000 $ empruntés.

Dans le cas d’une saisie du bien, il faudra attendre au minimum trois ans avant d’être admissible à un nouveau prêt hypothécaire, et encore, uniquement auprès de prêteurs spécialisés… à des taux bien au-dessus des standards du marché. Et même après ce délai, les seuls prêteurs qui risquent d’accepter ce client ne le feront qu’avec des taux de 150 à 250 points de base au-dessus des taux standards, jusqu’à ce que sa cote redevienne acceptable.

Car au fond, une hypothèque repose ainsi sur la confiance et un paiement manqué, c’est un bris de confiance. Et reconstruire ce type de relation demande du temps, beaucoup de temps… et souvent plus d’argent.

Le meilleur conseil à donner ? Ne jamais attendre d’être en défaut. Si un client prévoit ne pas pouvoir effectuer un versement, encouragez-le à contacter son prêteur le plus rapidement possible. La plupart des institutions financières sont étonnamment coopératives avec ceux qui admettent leur difficulté tôt, surtout si l’emprunteur propose un plan de remboursement réaliste.

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La rédaction