Nombre de cinquantenaires doivent retarder leur retraite

Par La rédaction | 25 October 2024 | Last updated on 24 October 2024
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Un couple d'âge mûr s'amuse en faisant du covoiturage, les bras tendus dans la nature.
skynesher / iStock

Un Canadien de 50 ans et plus sur quatre (39 %) confie ne pas être en position financière pour prendre sa retraite au moment souhaité, selon le sondage Perspectives on Growing Older in Canada : The 2023 NIA Ageing in Canada Survey.

En 2023, seulement le tiers des répondants (35 %) se disaient en position financière de prendre leur retraite comme prévu. Parmi le reste des sondés, 26 % expriment des doutes quant à leur capacité à prendre leur retraite au moment voulu.

Ces proportions varient peu avec l’âge. Par exemple, parmi les personnes âgées de 80 ans et plus, seulement la moitié estiment pouvoir se permettre de prendre leur retraite quand elles le souhaitent. Le fait que 50 % des Canadiens de 80 ans et plus, encore en emploi et souhaitant prendre leur retraite, ne croient pas pouvoir le faire, indique que beaucoup de ceux qui restent actifs sur le marché du travail à un âge avancé le font par nécessité plutôt que par choix.

Évidemment, les Canadiens les mieux préparés pour la retraite sont ceux qui bénéficient d’une bonne santé et de revenus adéquats. La proportion de personnes affirmant pouvoir se permettre de prendre leur retraite au moment voulu était supérieure à la moyenne chez celles qui se déclarent en très bonne santé ou en excellente santé (46 %) et chez celles qui ne souffrent pas de problèmes de santé chroniques (43 %). De plus, cette proportion était significativement plus élevée parmi ceux qui considèrent leurs revenus comme « suffisants » (69 %), alors qu’elle était bien inférieure à la moyenne chez ceux qui jugent leurs revenus « insuffisants », que ce soit en raison de contraintes budgétaires (6 %) ou de difficultés financières (1 %).

Les proportions varient également quelque peu à travers le Canada. Deux provinces se distinguent clairement des autres. Les personnes vivant au Québec et souhaitant prendre leur retraite étaient de loin les plus nombreuses (47 %) à affirmer qu’elles se trouvent dans une position financière leur permettant de le faire. En revanche, celles vivant en Alberta étaient les moins nombreuses (22 %), affichant une baisse de 10 points par rapport à 2022.

Ainsi, il n’est pas étonnant que 38 % de Canadiens de 50 ans et plus travaillent encore à temps plein ou partiel ou soient en recherche d’emploi. Évidemment les 50 à 64 ans sont ceux les plus susceptibles de travailler, ainsi 62 % d’entre eux sont encore à l’emploi ou en recherche un. La majorité des 65 à 79 ans (82 %) et des 80 ans et plus (94 %) sont à la retraite ou en pension d’invalidité.

Ainsi, les personnes âgées de 50 à 64 ans représentaient la majorité (83 %) de la population de 50 ans et plus encore en emploi, avec un âge moyen de 58,7 ans parmi ceux qui continuent de travailler.

Des raisons derrière ces chiffres

L’étude a examiné les raisons pouvant expliquer ces chiffres. Elle constate qu’un nombre réduit de personnes bénéficie d’une forme de couverture de pension en milieu de travail par rapport aux années 1970. Actuellement, seulement un tiers des Canadiens en disposent, contre la moitié quelques années plus tôt.

De plus, alors que le besoin d’économies privées pour les Canadiens à la retraite augmente, les efforts d’épargne avant la retraite doivent faire face à l’augmentation des coûts de la vie. Les individus en âge de travailler ont également du mal à compter uniquement sur leurs revenus comme principale source de revenus.

En fait, les familles dans leurs années préretraite sont plus susceptibles d’avoir des dettes que dans les décennies précédentes.

Sans compter que l’inflation pèse lourd sur le bien-être financier des Canadiens, rendant l’épargne adéquate pour la retraite encore plus difficile. Selon les résultats du même sondage du Healthcare of Ontario Pension Plan en 2023, environ la moitié (44 %) des Canadiens n’ont pas réussi à mettre de l’argent de côté pour leur retraite au cours de l’année écoulée. Parmi les Canadiens âgés de 55 à 64 ans, qui devraient idéalement être en meilleure position pour prendre leur retraite prochainement, 44 % ont déclaré avoir moins de 5 000 $ en économies.

L’épargne pour la retraite est non seulement devenue plus complexe en raison de l’augmentation de l’espérance de vie, mais les Canadiens plus âgés qui envisagent de prendre leur retraite doivent également planifier leur sécurité financière sur des horizons temporels plus longs, sous peine de risquer de vivre au-delà de leurs économies de retraite.

« En effet, plusieurs facteurs expliquent ce phénomène de plus en plus croissant, ce n’est pas surprenant que plus d’un tiers des Canadiens ne se sentent pas adéquatement préparé pour la retraite », souligne Francis Gingras Roy, CIM, conseiller en placements principal et conseiller en sécurité financière, services d’assurance de Patrimoine Manuvie.

Il cite ainsi : 

  • l’impact direct de l’inflation suite aux stimulus importants lors de la pandémie ;
  • l’espérance de vie de plus en plus longue ;
  • la sous-performance de la majorité des fonds de placement versus les indices ;
  • et les frais de gestion assez élevés au Canada.

Il soutient toutefois qu’« un épargnant qui a un plan financier qui suit rigoureusement et qui a un portefeuille diversifié, performant et peu coûtant n’a aucune raison de s’inquiéter pour ses vieux jours ».

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La rédaction