Ottawa intensifie la lutte contre l’extorsion financière

Par La rédaction | 3 March 2026 | Last updated on 2 March 2026
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Un homme dessiné dans un dollar, la queue du dollar est sa main tenant un téléphone où est dessiné un hameçon. Concept d'hameçonnage.
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Le gouvernement canadien prend de nouvelles mesures pour intensifier la lutte contre l’extorsion chez les particuliers et les entreprises. Ces initiatives visent à améliorer la collecte et le partage des renseignements financiers entre les instances policières et le secteur financier, a fait savoir le gouvernement fédéral par voie de communiqué.

Pour mettre les extorqueurs en échec, Ottawa élargit le rôle du Centre d’analyse des opérations et déclarations financières du Canada (CANAFE), chargé de recevoir et d’analyser les déclarations d’opérations financières suspectes. L’organisme produira des renseignements financiers plus ciblés et plus facilement exploitables par les forces de l’ordre.

Pour ce faire, le CANAFE enverra des agents spécialisés dans les régions les plus touchées par l’extorsion (Ontario, Colombie-Britannique, Alberta) afin d’aider les institutions financières (banques, coopératives de crédit, fournisseurs de services financiers d’actifs virtuels canadiens, y compris les cryptomonnaies) à repérer les opérations financières liées aux réseaux criminels, et les forces de l’ordre à accélérer les enquêtes et à augmenter le nombre de poursuites.

Le centre partagera également avec les institutions financières des conseils pratiques, sous forme de profils indicateurs ciblés, afin de les aider à repérer plus rapidement les modèles et les comportements associés à l’extorsion, ainsi que les méthodes des criminels pour blanchir les produits de l’extorsion.

Les institutions financières seront quant à elles amenées à collaborer plus étroitement avec le CANAFE, les services de police et le Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF) afin de faire circuler plus rapidement les renseignements stratégiques et les pratiques exemplaires.

Ottawa n’a pas précisé si ces mesures bénéficieront de nouveaux crédits budgétaires ou si elles seront financées à même les enveloppes actuelles. Le gouvernement précise qu’elles s’ajoutent à d’autres initiatives récentes, dont la création d’une nouvelle agence fédérale dédiée aux crimes financiers et des investissements supplémentaires au sein de la Gendarmerie royale canadienne. 

Dans un communiqué, le ministre des Finances et du Revenu national, François-Philippe Champagne, qualifie l’extorsion de « crime grave qui nuit aux Canadiennes et aux Canadiens, aux entreprises et aux communautés ».

L’annonce des nouvelles mesures survient alors que l’extorsion, qui consiste à forcer une personne, une entreprise ou une organisation à donner de l’argent, un bien ou des services sous la menace, connaît une progression marquée au pays. Selon Statistique Canada, le taux de cas d’extorsion est passé de 5 pour 100 000 habitants en 2010 à 32 pour 100 000 habitants.

Ottawa souligne que ce type de méfait est souvent le fait de réseaux criminels organisés qui agissent au-delà des frontières canadiennes et qui exploitent largement les plateformes numériques pour cibler des particuliers et des entreprises, ce qui complique la détection et le démantèlement des stratagèmes.

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La rédaction