PDG québécois : ils ont déjà gagné 62 795 $ en 8,8 heures

Par La rédaction | 5 January 2026 | Last updated on 5 January 2026
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Jeune homme d’affaires prospère debout devant les fenêtres, regardant au loin de la ville. L’homme qui réussit se tient dans le néoboksreb. Un homme d’affaires se tient devant une fenêtre et la regarde.
Ruslan Sidorov / iStock

Le 2 janvier, à 9 h 47, les PDG des plus grandes entreprises québécoises ont touché l’équivalent du salaire annuel moyen au Québec. L’an passé, à pareille date, c’était à 11 h 5, selon le Centre canadien des politiques alternatives (CCPA).

Chaque année, le CCPA analyse la rémunération des 100 chefs d’entreprises les mieux payés au Canada, parmi les entreprises cotées en bourse à Toronto (indice composé S&P/TSX).

Depuis deux ans, le CCPA et l’Observatoire québécois des inégalités réalisent cette compilation pour le Québec.

Parmi les 100 chefs d’entreprises les mieux payés au Canada, 21 dirigent une entreprise dont le siège social est situé au Québec. Encore une fois, une seule femme figure parmi ces 21 PDG d’entreprises québécoises les mieux rémunérés.

En un an, ils gagneront 236 fois plus que le salaire annuel moyen, soit une rémunération moyenne de 14,8 millions de dollars.

Cette rémunération englobe les salaires, de même que différentes formes de primes telles que les bonus en argent et les options d’achat d’actions.

DES DIVIDENDES RECORD

À ce propos, les dividendes déclarés par les entreprises canadiennes ont atteint un nouveau sommet.

En effet, les entreprises canadiennes ont versé un total de 341,5 milliards de dollars (G$) à leurs actionnaires en 2023, contre 64,4 G$ en 2003, soit une augmentation de 431 % en 20 ans.

Ce montant de 341,5 G$ équivaut au salaire annuel moyen de plus de 5 millions de travailleurs, soit l’ensemble de la main-d’œuvre du Québec.

À eux seuls, les 21 PDG d’entreprises québécoises les mieux rémunérés détenaient des actions dont la valeur était évaluée à 12,5 G$ en 2023.

UN DÉFICIT DE COUVERTURE DES BESOINS DE BASE À COMBLER

Selon l’économiste Geoffroy Boucher de l’Observatoire québécois des inégalités, une fraction de la valeur de ces actions permettrait d’éponger le déficit de couverture des besoins de base au Québec, évalué à 4,8 G$ en 2023.

Le déficit de couverture des besoins de base désigne l’écart entre le revenu disponible d’un ménage et le revenu requis pour couvrir le coût du panier de consommation de base (MPC). En d’autres termes, il s’agit du montant manquant permettant d’atteindre le seuil minimal nécessaire.

Les personnes à faible revenu assument ce coût, ce qui se traduit par une détérioration de leur qualité de vie et des répercussions sur leur santé physique et mentale. Ce fardeau a également une incidence sur l’économie dans son ensemble, entraînant des pertes de productivité et une moindre participation sociale.

Au Québec, mentionne l’économiste, 662 000 personnes vivaient avec un revenu insuffisant pour subvenir à leurs besoins de base en 2023, soit 7,6 % de la population.

UN GRAND DÉFI : MIEUX RÉPARTIR LA RICHESSE

D’après Geoffroy Boucher, alors que les inégalités de patrimoine sont particulièrement marquées au Québec, une meilleure répartition de la richesse représenterait une solution intéressante pour permettre à la société québécoise de relever de grands défis tels que la crise du logement, la montée de l’insécurité alimentaire et la crise climatique.

L’économiste souligne qu’en 2023, les familles faisant partie des 10 % les plus riches y captaient, à elles seules, près de la moitié de la richesse (45,6 %), contre seulement 4,3 % pour les 40 % les plus pauvres.

C’est la raison pour laquelle certains milliardaires au Québec demandent une meilleure imposition des grandes fortunes.

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La rédaction