Perspectives de détérioration pour les régimes de retraite canadiens

Par James Langton | 4 December 2025 | Last updated on 3 December 2025
3 min read
Un homme d’affaires regarde vers la ville à l’horizon à travers une longue-vue.
nazarkru / iStock

Une conjonction d’incertitude économique persistante, de valorisations d’actifs élevées et de nombreux risques baissiers devraient peser sur les perspectives des gestionnaires d’actifs mondiaux au cours de la prochaine année, estime Fitch Ratings, qui assombrit au passage son appréciation des régimes de retraite canadiens.

Dans un nouveau rapport, l’agence de notation a révisé ses perspectives pour le secteur canadien des régimes de retraite, les faisant passer de « neutres » à « en détérioration » pour 2026. Les perspectives globales pour les gestionnaires d’actifs mondiaux sont également « en détérioration », a-t-elle aussi précisé.

« Le ralentissement de la croissance, une inflation persistante, des tensions géopolitiques continues, des valorisations d’actifs gonflées et d’autres risques de fin de cycle poseront des défis plus importants au secteur mondial de la gestion d’actifs l’an prochain qu’en 2025 », a expliqué Fitch Ratings.

Ces vents contraires toucheront aussi les régimes de retraite canadiens et devraient peser sur leur rendement, souligne l’agence.

« Nous anticipons que les effets de premier ordre des tarifs douaniers américains seront gérables, compte tenu de la diversification géographique et des actifs. Toutefois, les effets de second ordre, incluant l’impact sur la croissance économique et l’inflation, pourraient être plus significatifs », précise le rapport.

En plus de ces défis macroéconomiques, les régimes de retraite font également face à des pressions sur la liquidité de leurs portefeuilles de capital-investissement, ajoute Fitch Ratings.

« La concurrence pour les occasions de placement demeure intense, particulièrement sur les marchés privés. Les régimes de retraite privilégient l’optimisation de leurs relations avec les gestionnaires et, dans certains cas, réduisent leurs investissements directs », note l’agence de notation.

Les ratios de capitalisation des régimes devraient subir une pression croissante à mesure que les régimes arrivent à maturité et que les facteurs démographiques se détériorent, mentionne-t-elle également.

« Le vieillissement des participants entraîne des sorties nettes, ce qui rend le niveau de capitalisation plus vulnérable aux chocs de marché », indique le rapport.

Fitch Ratings note toutefois que les régimes de retraite canadiens profitent de « flux captifs, d’horizons de placement à long terme, d’une forte surcollatéralisation et d’une liquidité abondante », autant d’atouts qui leur donnent, selon l’agence, « une solide capacité à encaisser d’éventuelles pertes de placement ».

Pour le secteur mondial de la gestion d’actifs, la concurrence s’est également intensifiée et les produits standardisés subissent une pression accrue sur les frais, analyse Fitch Ratings.

Les gestionnaires traditionnels seront touchés plus tôt que les gestionnaires spécialisés dans l’alternatif, « en raison de structures de frais et de fonds plus variables », selon le rapport. L’impact sur les gestionnaires alternatifs sera décalé « en raison du capital immobilisé et des horizons de placement plus longs ».

Par ailleurs, les firmes disposant de stratégies de placement de niche seront mieux positionnées pour résister à la pression sur les frais, ajoute Fitch Ratings.

Dans ce contexte, la consolidation du secteur s’accélère, les grandes firmes « profitant des avantages liés à l’échelle, du levier d’exploitation dans leurs modèles d’affaires et d’une diversification accrue dans un marché incertain et en évolution ».

Plus particulièrement, l’agence de notation s’attend à davantage de regroupements entre gestionnaires traditionnels et gestionnaires d’actifs alternatifs en 2026, « alors qu’ils cherchent à renforcer leur présence dans les réseaux de détail et de gestion de patrimoine ». Toutefois, ce type d’opération s’accompagnera de risques accrus d’exécution et de réputation, avertit-elle.

Abonnez-vous à nos infolettres

James Langton

James Langton est journaliste pour Advisor.ca et Investment Executive. Depuis 1994, il fait des reportages sur la réglementation, le droit des valeurs mobilières, l’actualité de l’industrie et plus encore.