Perspectives du capital d’investissement privé en 2025

Par La rédaction | 29 January 2025 | Last updated on 28 January 2025
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Une route menant vers le soleil. Dessus on voit des années écrites les unes au-dessus des autres. Cela commence à 2023 et ce jusqu'à 2028.
Marut Khobtakhob / iStock

Dans la neuvième édition annuelle de Perspectives du capital d’investissement privé, McCarthy Tétrault met en avant les tendances qui façonneront le secteur du capital d’investissement privé en 2025, notamment l’intelligence artificielle (IA), les opérations de privatisation et la croissance du secteur du sport.

L’édition débute par une analyse des données du marché canadien du capital d’investissement privé, marquées par des tendances contradictoires en 2024.

UNE MARCHÉ AUX TENDANCES CONTRADICTOIRES

En effet, malgré une baisse du nombre de transactions et des levées de capitaux, la valeur totale des transactions a augmenté de 258 % au premier semestre par rapport à 2023.

Une part importante de cette valeur record est attribuable à la plus grande transaction de l’année : la privatisation pour 6,3 milliards de dollars américains (G$ US) de Nuvei Corporation par Advent International, Philip Fayer, Novacap, et la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), ainsi que d’autres transactions notables, comme l’acquisition de la société de stockage de données eStruxture.

Bien que l’inflation et les taux d’intérêt aient baissé, le marché des fusions et acquisitions (F&A) du secteur du capital d’investissement privé au Canada n’a pas encore ressenti un regain d’activité en fin d’année.

Néanmoins, avec un début d’année fort, un deuxième trimestre remarquable et un troisième trimestre actif, 2024 pourrait égaler ou dépasser 2023 en nombre de transactions une fois les données du quatrième trimestre publiées.

L’IA SUR SA LANCÉE

En ce qui concerne les perspectives du capital d’investissement privé en 2025, le rapport analyse d’abord le secteur des technologies d’intelligence artificielle (IA).

McCarthy rappelle qu’en 2017, le Canada est devenu le premier pays au monde à adopter une stratégie nationale d’intelligence artificielle, investissant dans l’IA à travers l’économie. En 2024, il a alloué 2,4 G$ CA pour renforcer sa position dans le domaine.

Le secteur canadien de l’IA a également attiré des capitaux privés, avec une augmentation régulière des transactions de capital de risque depuis 2014.

En 2023, le Canada se classait troisième parmi les pays du G7 pour l’investissement en capital de risque dans l’IA. De 2018 à juillet 2024, plus de 300 annonces d’investissements étrangers ont totalisé environ 33,6 G$ US.

« Tout indique que le secteur canadien de l’IA continuera d’attirer des capitaux privés au fur et à mesure que l’écosystème du Canada évoluera au-delà de la phase de démarrage et que les technologies de l’IA continueront de se développer », indique le rapport.

UN MARCHÉ DES OPÉRATIONS DE PRIVATISATION ACTIF

D’après McCarthy, « les sociétés de capital d’investissement privé ont continué de contribuer de façon importante au niveau d’activité sur le marché des opérations de privatisation au Canada tout au long de 2024. Cette tendance devrait se poursuivre en 2025 ».

Entre le 1er septembre 2023 et le 31 août 2024, près de 100 opérations de privatisation au Canada ont été annoncées ou clôturées, totalisant environ 50 G$ CA.

Les secteurs les plus actifs étaient :

  • les métaux et l’exploitation minière (environ 40 % en nombre de transactions et 30 % en valeur des transactions),
  • la technologie (environ 20 % en nombre de transactions et en valeur des transactions)
  • l’énergie et l’électricité (environ 11 % en nombre de transactions et 20 % en valeur des transactions).

Au Canada, environ 40 % des opérations de privatisation annoncées ou clôturées ont été financées par des capitaux privés, tant en nombre qu’en valeur. Le secteur technologique a été le plus actif, représentant également 40 % des transactions dans ce domaine.

LE SECTEUR DES SPORTS À LA HAUSSE

Tandis que plusieurs sociétés mondiales de capital d’investissement privé se spécialisent actuellement dans l’achat de participations dans des franchises sportives, McCarthy prévoit que « les investissements et les levées de capitaux dans le secteur des sports suivent une trajectoire en forme de bâton de hockey au cours de l’année 2025 et dans les années futures ».

Ce contexte offre des occasions importantes aux propriétaires titulaires cherchant des liquidités, aux investisseurs voulant diversifier et obtenir un rendement, et aux ligues sportives souhaitant bénéficier de l’expérience en capital d’investissement privé dans des secteurs comme l’immobilier, l’hôtellerie, l’équipement sportif et les droits des médias.

Cependant, prévient le rapport, cette évolution pose également des défis particuliers aux investisseurs, franchises et ligues, nécessitant une analyse minutieuse de la part d’acquéreurs au moyen de capitaux privés.

UNE LOI ET SES EFFETS

Dans ses perspectives 2025, McCarthy évoque aussi la Loi sur la lutte contre le travail forcé et le travail des enfants dans les chaînes d’approvisionnement, qui est entrée en vigueur au Canada le 1er janvier 2024. Celle-ci vise à éradiquer le travail forcé et le travail des enfants dans les chaînes d’approvisionnement.

Cette législation peut poser des défis à de nombreuses sociétés de capital d’investissement privé, mais elle permet aussi de promouvoir leurs pratiques éthiques.

En 2025, le Canada pourrait introduire des exigences de vérification diligente pour atténuer les risques de violations des droits de la personne. En adoptant ces changements, les sociétés peuvent assurer leur conformité et renforcer leur réputation tout en contribuant à une économie plus juste et durable, fait valoir McCarthy.

LA « NOUVELLE FRONTIÈRE » DE LA LEVÉE DE CAPITAUX

Parmi les tendances, McCarthy observe également que « le bassin de levée de capitaux d’investissement privé, qui se composait principalement d’investisseurs institutionnels, s’est maintenant diversifié pour inclure également de nombreuses personnes fortunées et des bureaux de gestion de patrimoine et, à l’horizon, des investisseurs individuels ».

Bien que les investisseurs institutionnels restent la principale source de financement des fonds de capital d’investissement privé, d’autres investisseurs émergent sur le marché, note le rapport.

Cela pourrait entraîner de nouveaux modèles d’investissement et de placements axés sur les particuliers. De plus, une croissance potentielle de la levée de capitaux dans les prochaines années pourrait nécessiter des investissements de capitaux supplémentaires sur le marché privé.

UNE APPROCHE PLUS STRICTE DES RÈGLES SUR LA CONCURRENCE 

Enfin, McCarthy note qu’en juin 2024, une série plus complète de réformes de la Loi sur la concurrence du Canada depuis 2009 est entrée en vigueur avec l’adoption du projet de loi C-59.

Bien que le Canada reste favorable aux investissements de capital d’investissement privé, « les sociétés de capital d’investissement privé pourraient néanmoins se trouver avec plus de pain sur la planche lorsqu’elles auront affaire au Bureau de la concurrence du Canada en 2025 », signale le rapport.

De nouvelles mesures, notamment la présomption structurelle et la période de rétrospection allongée, renforcent la boîte à outils du Bureau de la concurrence.

Pour McCarthy, la prochaine année montrera comment ces mesures seront intégrées par le Bureau dans son approche d’application de la loi dans le contrôle des fusions au Canada.

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La rédaction