Petites, mais ambitieuses

Par La rédaction | 3 July 2025 | Last updated on 2 July 2025
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Une main tenant un jeton sur lequel est dessiné une fusée. Trois autres jetons à côté avec un vu.
champpixs / iStock

Face aux géants de la gestion d’actifs, les petites firmes indépendantes savent tirer leur épingle du jeu, montre une étude menée en Europe.

Cette dernière lève ainsi le voile sur les gestionnaires d’actifs indépendants en Europe et la manière dont ils obtiennent du succès dans un secteur très concentré.

L’enquête a été menée en 2024 auprès de 87 gestionnaires de boutiques, par les chercheurs britanniques Andrew Clare, de la Bayes Business School, Dani Hristova et Sebastian Stewart, de l’Independent Investment Management Initiative.

La gestion d’actifs mondiale est dominée par une poignée de géants : BlackRock et Vanguard totalisent à eux deux 22 000 milliards de dollars d’actifs.

À côté de ces forteresses, une multitude de petites firmes de gestion d’actifs parviennent à mettre en avant certains atouts, qui les différencient avec succès. Avant tout, ces boutiques sont reconnues pour leur indépendance, qui est citée comme centrale ou significative par 80 % des répondants. Ceux-ci pointent que cette indépendance est synonyme de liberté d’investissement, d’absence de conflits d’intérêts internes et de réactivité.

Ces petites boutiques — neuf sur dix comptent moins de 100 employés — savent aussi se concentrer sur un petit nombre de stratégies ou de classes d’actifs, ce qui est perçu comme un levier de performance. C’est le cas également de l’alignement d’intérêts avec les clients, renforcé par des frais liés à la performance. Cette structure de rémunération est adoptée par plus de la moitié des firmes interrogées.

Enfin, l’agilité organisationnelle — c’est-à-dire la capacité d’adaptation rapide dans un environnement réglementaire ou économique en mouvement — est présentée comme un véritable facteur de différenciation face aux géants du secteur.

Mais ces avantages sont contrebalancés par une série d’obstacles structurels. L’accès aux canaux de distribution est plus difficile, alors que l’atteinte d’une taille critique est nécessaire pour attirer les grands investisseurs.

Aussi, la succession est un défi existentiel alors que ces firmes sont souvent très incarnées par leurs fondateurs.

Une étude précédente montrait que les boutiques tendent à surperformer, notamment en matière d’actions internationales ou sur les marchés émergents. Si cette surperformance est partiellement attribuable à la taille, l’étude suggère que des facteurs structurels propres aux boutiques — tels que leur gouvernance, leur proximité avec le client, leur spécialisation — pourraient aussi jouer un rôle.

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La rédaction