Proches aidants au travail : un rôle encore trop souvent caché

Par La rédaction | 2 February 2026 | Last updated on 30 January 2026
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Une jeune femme placée derrière une personne âgée avec les bras posés sur ses épaules, dans un geste très tendre. L'homme âgé tient une des mains de la jeune femme.
seb_ra / iStock

Un tiers des proches aidants cache leur situation au travail, dont la moitié par crainte d’être jugés ou de pertes d’opportunités professionnelles, révèle un sondage Léger.

Ce sondage met ainsi en évidence les enjeux d’acceptabilité sociale liés aux mesures de conciliation famille-travail par les personnes proches aidantes. Alors que 68 % des parents déclarent être à l’aise d’utiliser les mesures de conciliation famille-travail, seuls 58 % des proches aidants partagent ce sentiment.

« Les mesures de conciliation famille-travail en organisation sont souvent pensées pour les parents, et même si elles s’appliquent généralement à tou (te) s, les personnes proches aidantes se sentent parfois moins légitimes de les utiliser », analyse Corinne Vachon Croteau, directrice générale du Réseau pour un Québec Famille, qui chapeaute l’initiative Concilivi.

Or, le fait que 86 % des proches aidants aient changé de travail au cours des deux dernières années afin d’obtenir de meilleures mesures de conciliation travail-famille illustre à quel point cet enjeu est crucial.

PLUS QU’UN MOYEN DE SUBSISTANCE

Si la rémunération demeure le principal motif invoqué par 57 % des répondants pour continuer à travailler tout en étant proche aidant, d’autres raisons entrent également en jeu.

Parmi celles-ci figurent :

  • le fait d’aimer son travail (35 %),
  • le sentiment de se sentir utile en dehors du rôle de proche aidant (18 %),
  • la possibilité de penser à autre chose (17 %)
  • ainsi que le maintien de liens sociaux (16 %).

UN BESOIN DE SENSIBILISATION ET DE RECONNAISSANCE

« Près de la moitié des proches aidants occupent un emploi à temps plein, souligne Loriane Estienne, directrice générale de Proche aidance Québec. En ouvrant le dialogue pour les encourager à nommer leurs besoins, les employeurs peuvent faire une grande différence pour leur bien-être et ainsi contribuer directement à resserrer le filet de protection autour de ces personnes dont l’apport à notre société est inestimable. »

Pour 40 % des proches aidants interrogés, la sensibilisation des employeurs pour une plus grande reconnaissance de leur rôle de proche aidant se classe parmi les principaux leviers pour favoriser une plus grande utilisation des mesures de conciliation famille-travail.

Vient ensuite l’amélioration des conditions liées aux congés ou au temps réduit pour 36 % d’entre eux.

Par ailleurs, le sondage révèle que les personnes proches aidantes sont proportionnellement moins nombreuses que les parents à considérer que leur employeur comprend bien leur réalité (51 % contre 62 %).

« La méconnaissance des multiples visages et réalités de la proche aidance est un phénomène que l’on observe dans l’ensemble de la société, pas seulement chez les employeurs. C’est pourquoi il est important de poursuivre les efforts de sensibilisation à cet effet », affirme Loriane Estienne.

UN PASSAGE À L’ACTION

Une fois sensibilisées, les organisations doivent passer à l’action.

Les accommodements à la pièce montrent vite leurs limites, car pour 53 % des proches aidants, ils constituent une source importante de stress.

En outre, 45 % d’entre eux estiment que leur employeur ne les informe pas clairement des ressources ou mesures disponibles pour les aider dans leur conciliation.

Alors que 53 % considèrent que leur rôle de personne proche aidante affecte leur santé mentale, la mise en place de cadres plus prévisibles et transparents ainsi qu’une meilleure communication peuvent représenter une réelle source d’apaisement, souligne Concilivi dans le communiqué.

Le sondage en ligne a été effectué par Léger pour le compte de Concilivi, une initiative du Réseau pour un Québec Famille, auprès de 3 014 travailleurs québécois parents d’enfant(s) de moins de 18 ans et/ou proches aidants, du 2 au 18 mai 2025.

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La rédaction