Richesse des ménages : le Québec accuse un retard grandissant face à l’Ontario

Par La rédaction | 7 July 2025 | Last updated on 4 July 2025
3 min read
Homme d’affaires avec de l’argent dans sa poche et un pauvre travailleur avec une poche vide. Le concept d’inégalité des revenus de la population. Stratification sociale.
Diy13 / iStock

Malgré des efforts politiques pour hausser le niveau de vie au Québec, l’écart de richesse avec l’Ontario s’est accentué depuis 1999 — et l’immobilier en est la principale cause, révèle une étude du CIRANO. Ce retard historique s’est même accru au cours des deux dernières décennies.

Contrairement à certaines idées reçues, cette divergence ne s’explique ni par l’éducation, ni par la composition démographique, ni par la vitalité économique. Le facteur déterminant ? L’évolution du patrimoine immobilier.

UN RETARD QUI S’ACCÉLÈRE
Les chiffres sont éloquents : en 1999, la richesse moyenne des ménages québécois s’établissait à 244 700 $ contre 350 000 $ en Ontario. Vingt ans plus tard, cet écart s’est dramatiquement accentué : la richesse moyenne atteint désormais 461 500 $ au Québec, contre 746 200 $ en Ontario. L’écart entre les deux provinces est ainsi passé de 105 300 $ à 284 700 $.

Alors qu’en 1999, l’immobilier expliquait déjà plus de la moitié de l’écart de richesse entre les deux provinces, cette proportion a grimpé à près de 80 % en 2019.

La croissance du patrimoine immobilier ontarien a largement surpassé celle du Québec : +162 % en Ontario contre +98 % au Québec entre 1999 et 2019. Cette différence s’explique notamment par l’explosion des prix immobiliers dans la région du Grand Toronto, qui concentre une part importante de la population ontarienne.

« L’écart de croissance de la richesse entre les ménages québécois et ontariens découle entièrement de l’immobilier », affirment les auteurs.

DES FACTEURS ÉLIMINÉS UN À UN
L’étude écarte plusieurs hypothèses couramment avancées pour expliquer cet écart :

  • Éducation : Peu importe le niveau de scolarité, l’écart de richesse entre le Québec et l’Ontario demeure similaire. Même les diplômés universitaires québécois accusent un retard vis-à-vis de leurs homologues ontariens.
  • Démographie : Les structures d’âge sont comparables. Le vieillissement de la population québécoise suit une courbe comparable à celle de l’Ontario.
  • Structure familiale : Le nombre de ménages, la proportion de familles monoparentales ou de couples, n’explique pas non plus la différence.
  • Concentration de la richesse : La part détenue par les 10 % les plus riches est demeurée stable en Ontario et a légèrement diminué au Québec — un facteur mineur dans l’écart global.

Cette analyse remet en question certaines hypothèses économiques sur le rattrapage du Québec. Elle suggère que les efforts gouvernementaux pour accroître la richesse des Québécois devraient aller au-delà du soutien au revenu ou à l’éducation.

Elle met en lumière les défis particuliers que représente l’accès à la propriété pour les jeunes Québécois, avec des implications directes sur l’accumulation de richesse à long terme.

Le CIRANO invite ainsi les décideurs à réfléchir à des politiques fiscales, foncières et urbaines qui tiennent compte de ces réalités structurelles. Car si le rattrapage économique est un objectif louable, il devra nécessairement passer par un rééquilibrage des leviers d’enrichissement à long terme.

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La rédaction