Singapour rejoint l’élite des systèmes de retraite mondiaux

Par La rédaction | 27 October 2025 | Last updated on 24 October 2025
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Le Brésil, l'Argentine et les drapeaux du monde flottent
Aania / AdobeStock

Pour la première fois, un pays asiatique obtient la note maximale dans le classement international des régimes de retraite. Singapour a franchi un cap historique en décrochant la cote A dans la 17e édition de l’Indice mondial Mercer CFA Institute sur les systèmes de retraite de 2024.

La cité-État rejoint ainsi le groupe de tête, dominé encore une fois par les Pays-Bas qui obtiennent un score de 85,4 points. Suivent l’Islande (84,0) et le Danemark (82,3). Singapour, avec ses 80,8 points, et Israël (80,3) se hissent juste au-dessus du seuil de 80 points nécessaire pour obtenir la plus haute note.

L’évaluation repose sur trois piliers :

  • la suffisance : le montant perçu par les retraités ;
  • la viabilité : la pérennité du système ;
  • et l’intégrité : la confiance que l’on peut avoir dans le système.

Singapour se démarque particulièrement sur ce dernier critère avec un score impressionnant de 90,4 points.

Le Canada, lui, obtient une cote B avec une note globale de 70,4, le plaçant derrière l’Uruguay (71,1) et Hong Kong (70,6), mais devant la Nouvelle-Zélande (70,4), la France (70,3). Les États-Unis sont loin derrière avec un score de 61,1, ce qui lui vaut la note de C+.

Quatre pays obtiennent la note D, soit la Turquie, les Philippines, l’Argentine et l’inde, avec des scores sous la barre des 50 points.

Le rapport souligne néanmoins que huit systèmes ont amélioré leur performance cette année, et qu’aucun n’a été déclassé ; un signe encourageant dans un contexte de vieillissement démographique rapide. Quatre nouveaux pays ont été ajoutés :

  • le Koweït,
  • la Namibie,
  • l’Oman
  • et le Panama.

DES DÉFIS PERSISTANTS

Le rapport met toutefois l’accent sur une tendance lourde : plusieurs États cherchent à mobiliser les fonds de pension pour financer des projets nationaux jugés stratégiques, notamment dans les domaines de l’infrastructure et de l’innovation. Des pays comme le Royaume-Uni, le Canada, l’Australie et la Malaisie ont ainsi encouragé leurs régimes de retraite à soutenir la croissance domestique.

Mais cette stratégie n’est pas sans risque, prévient Margaret Franklin, présidente et chef de la direction du CFA Institute. « La communauté des investisseurs doit se prémunir contre les conséquences imprévues qui pourraient survenir lorsque des mandats ou des restrictions déforment le système, souligne-t-elle. L’objectif central des régimes doit demeurer d’assurer un revenu à la retraite, guidé avant tout par le devoir fiduciaire. »

De son côté, Tim Jenkins, associé chez Mercer et auteur principal du rapport, estime que les systèmes les plus performants sont ceux qui offrent davantage de latitude aux gestionnaires. Plutôt que d’imposer des contraintes, les gouvernements devraient miser sur la transparence, la bonne gouvernance et la collaboration avec le secteur privé pour bâtir des régimes durables, estime-t-il.

RENFORCER LA RÉSILIENCE DES RÉGIMES

Le rapport propose huit principes pour concilier les besoins des retraités et les priorités nationales, en privilégiant la collaboration plutôt que les mandats imposés. Selon les auteurs, au lieu de forcer la main aux gestionnaires de fonds, les gouvernements devraient plutôt créer des options d’investissement attrayantes et promouvoir la transparence.

« La réforme des retraites n’est jamais simple », rappelle Christine Mahoney, responsable mondiale des régimes à prestations et à cotisations déterminées chez Mercer.

Dans un contexte où les populations vieillissent et où les marchés du travail se transforment, trouver l’équilibre entre rendement financier et intérêt national demeure l’un des défis majeurs des décennies à venir.

Selon elle, la réforme des retraites doit se faire dans le dialogue. « Les employeurs, les gouvernements et les fournisseurs de régimes doivent travailler ensemble à concevoir des systèmes plus résilients », avance-t-elle.

L’indice, produit conjointement par le cabinet Mercer et l’association mondiale des professionnels de l’investissement CFA Institute, évalue 52 systèmes de retraite couvrant 65 % de la population mondiale.

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La rédaction