S&P revoit à la hausse ses prévisions pour le Canada

Par James Langton | 8 October 2024 | Last updated on 7 October 2024
3 min read
Homme d’affaires tenant un symbole de pourcentage lumineux pour la planification financière et le concept de politique de croissance des taux d’intérêt.
Dilok Klaisataporn / iStock

L’économie canadienne se portant un peu mieux que prévu, S&P Global Ratings revoit à la hausse ses prévisions pour cette année et l’année prochaine.

Dans un rapport publié le 24 septembre, l’agence de notation signale que si la croissance économique du pays reste relativement faible, l’économie a résisté un peu mieux qu’elle ne l’avait prévu. Ainsi, la croissance du PIB réel au deuxième trimestre s’est établit à 2,1 % d’un trimestre à l’autre, soit plus que les 1,6 % qu’elle avait prédits.

En conséquence, S&P a revu ses prévisions à la hausse. L’agence s’attend maintenant à ce que la croissance du PIB du Canada soit de 1,2 % cette année, soit une légère hausse par rapport à sa prévision précédente de 1,1 %. En 2025, la croissance devrait s’accélérer pour atteindre 2,0 %, contre 1,7 % prévu précédemment, et dépasser le potentiel à long terme de l’économie, qui est de 1,8 %.

« Nous pensons que le rebond de la croissance économique proviendra principalement des investissements fixes — à la fois résidentiels et non résidentiels — plutôt que des dépenses de consommation, explique S&P. Le cycle d’assouplissement monétaire qui a débuté en juin contribuera à faire passer les dépenses d’investissement d’une contraction l’année dernière à une expansion au cours de notre période de prévision. Ce changement n’est peut-être pas spectaculaire, mais il est plus que nécessaire après le malaise des derniers trimestres. »

Quant aux consommateurs, il faudra un certain temps avant qu’ils ne ressentent les effets de la baisse des taux, selon le rapport.

« Même si la [Banque du Canada] a entamé un cycle d’assouplissement, les coûts d’emprunt resteront beaucoup plus élevés au cours des deux prochaines années que les niveaux les plus bas de la pandémie, en partie à cause du système de renouvellement des prêts hypothécaires au Canada, indique le rapport. De nombreux propriétaires verront leurs paiements d’intérêts augmenter en proportion de leurs revenus lors des prochains renouvellements d’hypothèques sur cinq ans, en 2025 et 2026. »

Les dernières données sur les marchés de l’emploi indiquent également un ralentissement continu, selon S&P, qui note que « la tendance sous-jacente depuis mai est celle d’une baisse de l’embauche et d’une hausse du chômage ».

L’affaiblissement du marché de l’emploi est également compatible avec la poursuite de la baisse de l’inflation, selon le rapport.

L’inflation globale est déjà tombée à 2 % le mois dernier, et S&P s’attend à ce que l’inflation de base tombe à 2 % d’ici le milieu de l’année 2025.

« La hausse du chômage, associée à la baisse persistante du PIB par habitant, contribuera à faire baisser l’inflation », assure l’agence.

Dans ce contexte, S&P s’attend à ce que la Banque du Canada continue à réduire ses taux, le taux au jour le jour atteignant 3,75 % d’ici la fin de l’année et 2,5 % d’ici la fin de 2025.

Alors que la banque centrale devrait continuer à réduire ses taux par incréments de 25 points de base, S&P a déclaré qu’elle voyait également un « risque de réductions anticipées de 50 points de base lors des prochaines réunions jusqu’à ce que [les taux] reviennent dans une fourchette neutre ».

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James Langton

James Langton est journaliste pour Advisor.ca et Investment Executive. Depuis 1994, il fait des reportages sur la réglementation, le droit des valeurs mobilières, l’actualité de l’industrie et plus encore.