Stratégies pour les clients détenant plusieurs comptes de retraite

Par Jonathan Got | 24 February 2026 | Last updated on 23 February 2026
6 min read
Conseillère discutant avec un couple de personnes âgées, représentant la gestion patrimoniale et le conseil personnalisé.
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Environ quatre familles sur cinq accompagnées par Alex Hadjisophocleous comptent au moins un soutien de famille qui travaille ou a travaillé dans le secteur public. Ces ménages détiennent souvent une combinaison de régimes de retraite, allant des régimes à prestations déterminées (PD) et à cotisations déterminées (CD) aux REER, comptes immobilisés (CRI) et fonds de revenu viager (FRV), explique Alex Hadjisophocleous, conseiller chez Forest Financial Planning.

De leur côté, les personnes ayant fait carrière exclusivement dans le secteur privé ont plus souvent accumulé plusieurs REER, notamment issus d’anciens régimes collectifs d’employeurs.

Lorsque les actifs de retraite d’un client sont répartis entre plusieurs comptes, les conseillers recommandent de structurer une stratégie axée sur la flexibilité des flux de trésorerie, l’efficacité fiscale et la consolidation des REER. Ils suggèrent aussi souvent les rentes aux clients ayant une faible tolérance au risque et ne bénéficiant pas d’un régime de retraite.

PRÉSERVER LA FLEXIBILITÉ DES FLUX DE TRÉSORERIE

Les flux de trésorerie à la retraite doivent correspondre au mode de vie et aux besoins de dépenses du client, notamment pour couvrir les factures essentielles comme l’électricité, le téléphone cellulaire et l’assurance automobile, explique Ayana Forward, fondatrice de Retirement in View, à Ottawa.

Plus un client détient de types de comptes de retraite enregistrés, plus la stratégie de décaissement devient technique, prévient Ayana Forward. Les clients devraient envisager de retirer d’abord des comptes les plus contraignants.

Lorsqu’un client détenteur d’un CRI prend sa retraite, il dispose de 30 jours pour en débloquer jusqu’à la moitié. Une fois le solde converti en FRV, il devrait envisager d’en retirer le montant maximal, puisque c’est le compte le moins flexible, et de l’utiliser comme revenu régulier de retraite, recommande Alex Jessop, conseiller chez Meridian Credit Union, à Barrie, en Ontario.

S’ils ont besoin de revenus supplémentaires, les clients peuvent alors retirer des sommes de leur FERR ou de leur CELI au besoin, ajoute Alex Jessop. « C’est généralement une stratégie de décaissement très efficace pour préserver la flexibilité des revenus futurs. »

Pour les participants à un régime à prestations déterminées, les retraités préfèrent en général le revenu stable — et parfois indexé à l’inflation — qu’offrent ces régimes, plutôt que d’opter pour la valeur de rachat, indique Alex Hadjisophocleous. L’une des rares situations où la valeur de rachat peut être appropriée est lorsque le client anticipe un décès prématuré, par exemple en cas de maladie terminale.

MISER SUR L’EFFICACITÉ FISCALE

Une fois les besoins de dépenses du client comblés, le conseiller devrait analyser la manière la plus fiscalement avantageuse de décaisser l’épargne-retraite. Certains clients souhaitent minimiser l’impôt au décès, tandis que d’autres cherchent à réduire leur facture fiscale annuelle, rapporte Alex Jessop. Il est essentiel de clarifier les objectifs du client et d’en évaluer avec lui les avantages et les inconvénients.

Si un client peut se permettre de commencer son FERR à 71 ans, cela indique généralement qu’il ne dépend pas entièrement de ce compte pour ses dépenses, précise Alex Jessop. Il peut alors effectuer un retrait de son FERR en janvier et le transférer dans un CELI pour une croissance à l’abri de l’impôt, plutôt que de retirer les fonds en décembre et de voir une année complète de croissance s’ajouter à son revenu imposable.

Pour les couples présentant un écart d’âge, le conjoint retraité peut calculer les retraits minimaux de son FERR en fonction de l’âge du conjoint plus jeune, même si celui-ci a moins de 65 ans, ajoute Alex Jessop. Bien que le couple puisse choisir de retirer davantage que le minimum annuel afin de réduire l’impôt au décès, cette approche offre une plus grande marge de manœuvre pour réduire l’impôt lors d’un gain en capital ponctuel important, comme la vente d’un chalet.

Pour certains clients, la retraite constitue une période de transition durant laquelle ils continuent de travailler à temps partiel. Ils peuvent convertir une partie de leur REER en FERR entre 65 et 71 ans afin d’avoir un meilleur contrôle sur les cotisations et les retraits minimaux, explique Ayana Forward. Les retraits minimaux seront plus faibles avec un compte de moindre taille, et le client pourra continuer de bénéficier du programme de cotisation de l’employeur à un REER collectif.

Les clients peuvent fractionner les retraits de FERR avec leur conjoint, et chacun peut demander le crédit d’impôt pour revenu de pension de 2 000 $, applicable aux retraits de FERR, mais non aux retraits de REER, précise Alex Hadjisophocleous. Cela peut représenter jusqu’à 28 000 $ de retraits non imposés sur une période de sept ans.

GÉRER PLUSIEURS REER

Lorsqu’Alex Hadjisophocleous rencontre des clients détenant plusieurs REER, il les encourage à consolider leurs comptes.

« Avoir plus de comptes ne signifie pas nécessairement plus de diversification […] c’est surtout plus de complexité, constate-t-il. Une fois rendu à la retraite, ou même au moment de convertir les REER en FERR, cela devient un véritable casse-tête. »

La multiplication des comptes complique le suivi. Les clients risquent de dépasser leurs droits de cotisation aux REER ou de ne pas respecter les retraits minimaux des FERR, deux situations pouvant entraîner des pénalités importantes, ajoute-t-il.

Les clients devraient envisager de transférer leurs comptes vers le REER collectif de leur employeur actuel, puisque les régimes collectifs bénéficient souvent de frais réduits. Les REER individuels issus d’anciens régimes collectifs perdent généralement cet avantage tarifaire, souligne Ayana Forward.

Si l’employeur actuel n’offre pas de REER collectif, les clients peuvent comparer les fournisseurs en fonction de la qualité du service, de la simplicité de gestion, de l’offre de produits de placement et des frais, ajoute-t-elle.

Ils doivent aussi s’assurer que les placements sont adaptés à leurs objectifs financiers et à leur tolérance au risque, précise Alex Jessop. Les sommes transférées dans un autre REER demeurent souvent en liquidités ou sont placées dans une option par défaut qui peut ne pas convenir au client.

ENVISAGER UNE RENTE

Les clients peuvent également envisager d’affecter une partie de leurs fonds de retraite à l’achat d’une rente. Les personnes ayant une faible tolérance au risque et une espérance de vie élevée peuvent trouver les rentes attrayantes, suggère Alex Hadjisophocleous. À l’inverse, les clients plus tolérants au risque s’en sortent généralement mieux sans rente.

Les principaux freins sont la perte de contrôle et la crainte psychologique de « perdre » si le client décède avant d’avoir récupéré le montant investi, avertit Alex Jessop. Des garanties à terme peuvent atténuer cette inquiétude dans certains cas.

Ayana Forward rappelle toutefois à ses clients que, bien que les rentes offrent un revenu garanti à vie, elles n’ont aucune valeur successorale. De plus, bien que des options d’indexation à l’inflation soient offertes, elles entraînent des coûts plus élevés.

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Jonathan Got

Jonathan Got est journaliste pour Investment Executive.