Tensions commerciales : Washington accorde un sursis, mais la menace tarifaire plane toujours

Par La rédaction | 6 February 2025 | Last updated on 5 February 2025
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Menace
Photo : akinbostanci / iStock

Le Canada a obtenu un sursis de 30 jours face à la menace d’imposition de tarifs douaniers de 25 % par le président américain Donald Trump. Si cette nouvelle apporte un soulagement temporaire, l’incertitude persiste et pousse les gouvernements à l’action.

Face à cette « attaque économique brutale », le premier ministre du Québec François Legault a présenté le 4 février dernier au Salon rouge un plan visant à redéployer l’économie québécoise. « La menace plane toujours au-dessus de nos têtes comme une épée de Damoclès », a-t-il déclaré, soulignant qu’une telle mesure pourrait entraîner la perte de 100 000 emplois au Québec.

Le plan du gouvernement Legault s’articule autour de plusieurs axes :

  • soutien immédiat aux entreprises pour leurs liquidités,
  • diversification des marchés internationaux,
  • promotion de l’achat local
  • et renforcement du libre-échange interprovincial.

Le premier ministre a également mis l’accent sur les atouts du Québec, citant notamment l’aérospatiale, l’aluminium, les minéraux critiques, l’intelligence artificielle et l’énergie renouvelable.

Cette sortie du premier ministre a toutefois suscité des critiques de l’opposition. Le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon a reproché au gouvernement de présenter « très peu de mesures concrètes » et « beaucoup de lieux communs ». De son côté, le chef libéral intérimaire Marc Tanguay a pointé du doigt le « degré de non-préparation » du gouvernement Legault, réclamant une diplomatie québécoise plus active.

Les associations d’affaires et syndicales se mobilisent également. La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) appelle à des réformes pour améliorer le climat des affaires, tandis que la FTQ, par la voix de sa présidente Magali Picard, plaide pour « une riposte nationale robuste et rassembleuse ».

En toile de fond de ces tensions, la sécurité à la frontière canado-américaine n’apparaît que comme un prétexte, avance Ottawa. Le véritable enjeu serait la négociation d’un « accord économique final » avec le Canada, susceptible de toucher plusieurs secteurs sensibles, notamment l’industrie laitière, automobile et bancaire.

En entrevue à l’émission Midi Info sur les ondes de Radio-Canada, le ministre fédéral des Finances, Dominic LeBlanc, a d’ailleurs confirmé que « la conversation va changer sur les enjeux économiques » dans les prochaines semaines, évoquant la possibilité d’un document commercial parallèle à l’ACEUM.

Cette période de 30 jours s’annonce donc cruciale pour les relations commerciales canado-américaines, alors que le rapport sur « La politique commerciale de l’Amérique d’abord » est attendu pour le 1er avril, et que la révision de l’ACEUM pourrait être devancée.

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La rédaction