Trois millions de Québécois touchés par un faible niveau de littératie

Par La rédaction | 3 June 2026 | Last updated on 2 June 2026
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Un père enseigne à son fils à compter de l’argent à la maison.
kate_sept2004 / iStock

De nombreux Québécois ne disposeraient pas du niveau de littératie nécessaire pour fonctionner adéquatement dans la société, selon une analyse socioéconomique sur la littératie au Québec de la Fondation pour l’alphabétisation, réalisée en collaboration avec l’économiste Pierre Langlois et avec la participation du Conseil du patronat du Québec (CPQ) et du Conseil canadien du commerce de détail (CCCD).

L’analyse révèle que près de trois millions de Québécois âgés de 16 à 65 ans n’atteignent pas le niveau de littératie requis pour lire et comprendre des textes longs, comme des articles de journaux, des contrats ou des directives en milieu de travail.

Malgré une légère amélioration au cours des dix dernières années, le Québec se classe toujours au huitième rang des provinces canadiennes en matière de littératie. La province affiche également le plus faible taux de diplomation secondaire dans les délais prévus au pays (76 %), avec un écart de 12 % entre les filles et les garçons.

DES CONSÉQUENCES ÉCONOMIQUES CONSIDÉRABLES

Selon l’étude, une amélioration des compétences en littératie pourrait engendrer jusqu’à 2,6 milliards de dollars (G$) en revenus personnels supplémentaires chaque année et près de 5,9 G$ en PIB additionnel pour le Québec.

L’analyse établit également des liens entre un faible niveau de littératie et plusieurs enjeux de santé publique, engendrant des coûts que le système de santé absorberait souvent sans en reconnaître pleinement l’origine.

Pour la Fondation, le CPQ et le CCCD, ce constat n’est pas une fatalité, mais le signal que l’État doit agir, en mobilisant les ressources à la hauteur des enjeux socioéconomiques que la littératie influence directement, pour que personne ne soit laissé pour compte.

DES PISTES D’ACTION CONCRÈTES

L’analyse met en évidence plusieurs axes d’intervention concrètes :

  • une meilleure intégration de la littératie dans les stratégies de santé publique,
  • un soutien accru aux personnes en situation de vulnérabilité,
  • une intervention plus précoce auprès des populations les plus à risque
  • et une stratégie nationale de formation continue en milieu de travail.

Dans un contexte marqué par la transformation numérique et l’essor de l’intelligence artificielle, l’amélioration du niveau de littératie des Québécois est désormais considérée comme une priorité économique et sociale majeure, souligne le communiqué.

« Les compétences en littératie et la maîtrise du français jouent un rôle essentiel dans l’intégration en emploi, dans les interactions quotidiennes et dans l’adaptation aux réalités du marché du travail », souligne Michel Rochette, président pour le Québec du CCCD.

Selon lui, les compétences de base représentent désormais « un enjeu concret partout au Québec » et il n’est plus possible « de ne pas les prendre au sérieux ».

« Le développement des compétences en littératie constitue un levier essentiel pour l’emploi, la santé et la vitalité économique du Québec », précise Patrick Lutzy, président du conseil de la Fondation pour l’alphabétisation.

Il ajoute que l’organisation souhaite contribuer à faire du Québec « une société plus alphabétisée, capable de relever avec succès les défis d’aujourd’hui et de demain ».

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La rédaction