Un environnement boursier plus fluctuant

16 August 2024 | Last updated on 15 August 2024
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Risque d'investissement dans le détenteur d'obligations momey et dans le fonds FNB. Défaut de paiement Ralentissement économique 2024-2026.
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La chute des marchés boursiers survenue le lundi 5 août a certes provoqué une certaine inquiétude, mais il semble que la situation soit moins grave qu’elle n’y paraît, puisque le Dow Jones et le S&P 500 ont quasiment récupéré leurs pertes. Néanmoins, les investisseurs devront s’habituer à ce genre de turbulences, car les crises boursières et financières deviennent de plus en plus fréquentes depuis environ quarante ans, relève un article récent de Les Affaires.

Au début du 20e siècle, on observe que les marchés boursiers et financiers ont connu une relative stabilité depuis la Dépression des années 30. Alors que depuis les années 80, trois crises majeures ont marqué les marchés : le lundi noir du 19 octobre 1987, lorsque le Dow Jones a chuté de 22,6 % en une seule séance ; la crise asiatique de 1997, marquée par l’effondrement des devises asiatiques ; et la crise financière de 2007-2008, qui a entraîné une crise de liquidité majeure et la faillite de Lehman Brothers.

À cela s’ajoute la chute spectaculaire des marchés boursiers durant la pandémie de COVID-19, avec une baisse significative entre leur sommet de mi-février 2020 et leur creux de fin mars 2020.

Ces fluctuations trouveraient leur source dans le relâchement de la réglementation qui a commencé dans les années 1980 et 1990. Pour rappel, après la Dépression, le gouvernement américain avait renforcé la régulation des marchés financiers en adoptant plusieurs mesures importantes. Le Glass-Steagall Act de 1933 a séparé les activités bancaires traditionnelles, telles que l’octroi de prêts, des activités bancaires d’investissement, comme l’achat de valeurs mobilières, afin de réduire l’exposition des banques aux risques de marché. En 1934, la création de la Securities and Exchange Commission a établi un organisme chargé de superviser les transactions boursières pour garantir la transparence et l’intégrité des marchés financiers. Enfin, le Banking Act de 1935 a étendu les pouvoirs de la Réserve fédérale américaine (Fed), lui permettant de fixer les taux d’intérêt et de surveiller les banques membres du système de la Fed.

Cependant, le processus de déréglementation a commencé sous la présidence de Ronald Reagan et s’est poursuivi avec Bill Clinton. Un exemple marquant de cette déréglementation est le Gramm-Leach-Bliley Act de 1999, également connu sous le nom de Financial Services Modernization Act. Cette loi a abrogé des parties essentielles du Glass-Steagall Act de 1933, permettant ainsi la fusion des sociétés d’assurance, des banques commerciales et des banques d’investissement. En facilitant la création de grands conglomérats financiers, elle a contribué à la formation d’institutions considérées comme « too big to fail » (trop grandes pour faire faillite).

Plusieurs économistes attribuent d’ailleurs à cette loi une part importante de responsabilité dans la crise financière de 2007-2008.

Cela étant dit, la chute du 5 août est souvent expliquée par les carry trades. Toutefois, en raison de cette déréglementation, les bourses sont désormais plus vulnérables aux fluctuations. Il est donc raisonnable de s’attendre à une fréquence accrue des crises boursières et financières à l’avenir.

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