Une fintech canadienne mise sur la fidélisation bancaire

Par Jonathan Got | 23 February 2026 | Last updated on 20 February 2026
4 min read
Femme concentrée sur des documents financiers devant un écran d’ordinateur.
PeopleImages / iStock

La jeune pousse torontoise spécialisée en données financières Cyder a levé 3 millions de dollars (M$) dans le cadre d’un financement d’amorçage dirigé par Conexus Venture Capital, avec la participation du MaRS Investment Accelerator Fund, de Graphite Ventures et de Sprout Fund.

La startup offre aux coopératives de crédit un système de récompenses et de fidélisation destiné à attirer de nouveaux membres et à retenir les membres existants. Plus de 20 coopératives de crédit au Canada et aux États-Unis, comptant chacune entre 7 000 et 500 000 membres, utilisent la plateforme de Cyder.

« Les coopératives de crédit ont inventé la fidélisation et les programmes de récompenses grâce à leurs modèles de participation aux bénéfices », explique Sukhman Dulay, cofondateur et chef de la direction de Cyder, en entrevue avec Investment Executive.

Alors que les comptes chèques, d’épargne et enregistrés se ressemblent largement d’une institution financière à l’autre, les programmes de récompenses permettent de différencier l’offre de services. Sukhman Dulay affirme que les coopératives peuvent mettre en place de nouvelles offres pour leurs membres en quelques minutes plutôt qu’en quelques semaines grâce à la plateforme en marque blanche de Cyder.

Cette annonce survient dans un contexte où les Canadiens magasinent davantage leurs services financiers. Selon un sondage mené en mars 2025 par Environics Research, 24 % des résidents canadiens ont ouvert un compte financier auprès d’une institution autre que leur banque principale au cours des 12 derniers mois.

UNE HISTOIRE CANADIENNE

Cyder a d’abord été lancée en 2021 comme plateforme de données visant à fournir aux banques des données clients en temps réel. Elle s’est tournée vers le secteur de la fidélisation en 2024, lorsqu’elle a levé 1,5 M$ en pré-amorçage auprès du MaRS Investment Accelerator Fund, de Desjardins, d’Aperture Group, de Arlene Dickinson et d’autres investisseurs providentiels.

À l’époque, l’accélérateur de startups de l’University of California, Berkeley, Berkeley SkyDeck, a approché Sukhman Dulay en proposant de financer l’incubation de l’entreprise dans la région de la baie de San Francisco. Toutefois, l’accélérateur exigeait que Cyder s’immatricule comme société du Delaware et devienne une entreprise américaine.

« Nous sommes restés fidèles à nos racines et avons décidé de refuser afin de demeurer une entreprise canadienne, raconte Sukhman Dulay. Nous sommes une organisation guidée par une mission : aider le secteur des coopératives de crédit à prospérer [au Canada]. »

EXPLOITER LES DONNÉES POUR PERSONNALISER LES OFFRES

Cyder aide les institutions financières à recueillir des données clients avec leur consentement afin de comprendre leurs comportements, indique Sukhman Dulay. Les grandes banques peuvent facilement repérer des tendances grâce à des millions de clients et à leurs plateformes numériques, tandis que les coopératives de crédit disposent d’échantillons plus restreints et misent davantage sur la personnalisation en succursale.

« Il s’agit souvent d’identifier la “prochaine meilleure offre” — trouver la façon la plus pertinente de cibler les membres afin que l’offre ait réellement du sens pour eux, précise-t-il. Par exemple, si un membre n’est pas étudiant, lui proposer un prêt étudiant n’a aucun sens. »

Pour aider les coopératives à accroître les dépenses de leurs membres et à bâtir des offres ciblées, Cyder peut recueillir des données telles que l’historique des achats, les comportements en ligne et les signaux d’intention. La plateforme peut suivre plus de 100 comportements liés aux récompenses dans quatre grandes catégories :

  • transactions,
  • avantages communautaires,
  • incitatifs ponctuels
  • et récompenses continues.

Le suivi des habitudes de consommation permet également aux coopératives d’identifier de petites entreprises locales avec lesquelles établir des partenariats, explique Sukhman Dulay. De petites entreprises — comme des fleuristes — n’ont pas l’envergure nécessaire pour s’associer aux grands programmes de fidélisation des banques, mais pourraient offrir des remises en argent ou des cartes-cadeaux en partenariat avec des coopératives. Une partie des frais perçus à chaque utilisation de carte pourrait aussi être reversée à des causes locales.

Les incitatifs ponctuels sont liés aux habitudes financières des membres. Par exemple, ils pourraient être récompensés pour avoir mis en place des dépôts préautorisés dans un régime d’épargne-retraite ou pour avoir atteint un objectif d’épargne.

Les récompenses continues visent quant à elles à accroître les actifs sous gestion des coopératives et à améliorer la rétention des membres. Les membres de longue date, ceux qui détiennent plusieurs produits ou qui maintiennent des soldes plus élevés pourraient bénéficier de taux de dépôt plus avantageux, continue Sukhman Dulay.

« Tout repose sur la profondeur de la relation… et c’est précisément ce que les banques ne peuvent pas offrir aujourd’hui. »

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Jonathan Got

Jonathan Got est journaliste pour Investment Executive.