Une retraite qui dure : comment éviter de manquer d’argent

24 February 2025 | Last updated on 21 February 2025
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Vue d'un couple d'âge mûr utilisant un ordinateur portable tout en calculant leurs finances à la maison.
LumiNola / iStock

Avec une espérance de vie qui s’allonge, les Canadiens peuvent envisager une retraite de plus longue que jamais. Le hic : leurs besoins financiers augmentent également. Le risque d’épuiser leur capital trop tôt est donc bien réel. Sans une planification rigoureuse, maintenir leur niveau de vie sur plusieurs décennies devient un véritable casse-tête. Dans un billet de blogue, la Banque CIBC souligne l’importance d’anticiper et d’adopter des stratégies financières adaptées pour assurer une retraite sereine.

Dans les années 50, les Canadiens pouvaient espérer vivre en moyenne 68 ans. Aujourd’hui, l’espérance de vie s’établit en moyenne à 83 ans et pourrait grimper à 88 ans d’ici 2065, selon des données des Nations Unies.

Par ailleurs, de nombreux travailleurs choisissent de prendre leur retraite avant l’âge officiel de 65 ans, moment auquel ils peuvent commencer à bénéficier des prestations gouvernementales. D’après Statistique Canada, en 2023, plus de 22 % des personnes âgées de 55 à 59 ans avaient déjà pris une retraite complète ou partielle. Chez les 60 à 64 ans, cette proportion atteignait 40 %. Pour la majorité des individus, le fait d’être prêt financièrement est le facteur principal qui détermine le moment du départ à la retraite.

DIVISER LA RETRAITE EN PHASES

La retraite ne se déroule pas de manière uniforme. Les besoins financiers évoluent au fil du temps. Durant les premières années, les dépenses ont tendance à être plus élevées. Les retraités profitent de leur liberté retrouvée pour voyager et réaliser des projets personnels. Par la suite, les dépenses courantes ont tendance à diminuer, notamment celles liées aux loisirs et aux sorties, tandis que les dernières années sont marquées par une augmentation des frais de santé et d’assistance.

Le plan financier doit tenir compte de ces défis afin que l’épargne demeure suffisante pour couvrir les dépenses essentielles des clients à long terme. Dans certains cas, une retraite progressive ou un emploi à temps partiel peuvent aider à joindre les deux bouts. Selon un récent sondage de la CIBC, seulement 36 % des personnes en emploi prévoient cesser complètement de travailler à la retraite.

REMBOURSER LES DETTES OU ÉPARGNER?

Jamie Golombek, directeur de la planification fiscale et successorale à la banque signale que l’un des principaux dilemmes des futurs retraités est de savoir s’il faut privilégier le remboursement des dettes, notamment hypothécaires, ou continuer d’investir en vue de la retraite.

Un retraité qui consacre l’essentiel de ses ressources au remboursement de son hypothèque risque de se retrouver avec une maison entièrement payée, mais avec peu de liquidités pour financer son mode de vie. Pour éviter cet écueil, répartir les ressources entre le remboursement des dettes et les investissements permet de s’assurer que l’épargne continue de croître tout en réduisant peu à peu l’endettement.

PROTÉGER L’ÉPARGNE DU RISQUE D’INFLATION

L’inflation représente l’un des plus grands risques pour les retraités, car elle érode progressivement leur pouvoir d’achat. Ainsi, un revenu fixe qui paraît suffisant aujourd’hui pourrait ne plus l’être dans 10 ou 20 ans. Pour limiter cet effet, la CIBC suggère de diversifier le portefeuille en y intégrant des placements qui offrent une protection contre l’inflation, comme des actions ou des actifs réels.

L’inflation touche particulièrement les produits et services essentiels, notamment l’alimentation, le logement et les soins de santé. Ainsi, un retraité qui ne tiendrait pas compte de cet aspect dans sa planification pourrait se retrouver à devoir réduire ses dépenses de manière drastique au fil des ans, mentionne la banque.

AJUSTER LE PLAN DE RETRAITE

La gestion de l’épargne retraite ne s’arrête pas une fois la retraite entamée. Pour maximiser la durée du capital, il faut revoir régulièrement le budget et les stratégies de retrait en fonction des conditions économiques et des besoins personnels, indique la CIBC. Un des principes clés est d’adopter un taux de retrait flexible, c’est-à-dire un taux ajustable selon la conjoncture financière.

En période de volatilité boursière, on aura intérêt à réduire temporairement les retraits afin de préserver la valeur du portefeuille et d’éviter de vendre des actifs à perte. Enfin, pour sécuriser les revenus à court terme, détenir une portion des investissements en placements à revenu fixe contribue à couvrir les besoins de base tout en laissant aux actifs de croissance le temps de se redresser.

VISER UNE CROISSANCE STABLE

Pour suivre le rythme de l’inflation, les placements réputés « sûrs » comme les certificats de placement garantis (CPG) ne permettent pas toujours de générer un rendement suffisant pour couvrir l’inflation, en particulier lorsque les taux d’intérêt sont bas. Une approche équilibrée permet de réduire cet impact, en combinant des placements sûrs et des actifs à rendement plus élevé, par exemple en investissant une partie du portefeuille dans des actions versant des dividendes, des fonds équilibrés ou des obligations indexées sur l’inflation.

MAXIMISER LES PRESTATIONS GOUVERNEMENTALES

Les prestations des régimes gouvernementaux tels que la Sécurité de la vieillesse (SV), le Régime de rentes du Québec (RRQ) et le Régime de pensions du Canada (RPC) jouent un rôle fondamental dans le revenu de retraite. Pour en tirer le maximum, une stratégie courante consiste à reporter le début des versements. En différant la pension du RRQ ou du RPC après 65 ans, les retraités bénéficient de prestations plus élevées, ce qui peut représenter une augmentation significative de leur revenu mensuel. Chaque cas doit être analysé afin de déterminer le moment du début de la retraite en fonction de la situation est es objectifs des clients, précise la CIBC.

Par ailleurs, certains véhicules d’épargne permettent de générer un revenu complémentaire. Leur impact fiscal doit être considéré. Par exemple, contrairement aux retraits des régimes enregistrés d’épargne retraite (REER), ceux effectués du compte d’épargne libre d’impôt (CELI) ne sont pas imposables, ce qui permet aux retraités d’avoir plus de revenus disponibles tout en limitant l’impact fiscal.

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