À qui profitera l’IA ?

Par Nicolas Ritoux | 10 June 2025 | Last updated on 9 June 2025
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Ignorer le potentiel de l’intelligence artificielle (IA) peut s’avérer risqué pour les entreprises, prévient Robertson Velez, gestionnaire de portefeuille à Gestion d’actifs CIBC. 

Les tensions commerciales actuelles, notamment les menaces de nouveaux droits de douane américains, génèrent de la volatilité. Mais au-delà de ces secousses à court terme, la véritable question est celle de la compétitivité technologique.

Sous Joe Biden, la stratégie passait par des incitatifs comme la loi CHIPS. Donald Trump, lui, semble préférer les sanctions fiscales à l’encontre des importations. Deux approches différentes, mais un objectif commun : rapatrier la production sur le sol américain alors que s’amorce l’ère de l’IA.

« L’administration américaine actuelle croit qu’elle peut maîtriser l’environnement concurrentiel en limitant les exportations de certaines technologies, notamment à destination de la Chine. Mais cette dernière s’avère tout à fait capable de développer ces technologies par elle-même, ce qui fait d’elle une concurrente d’autant plus sérieuse à long terme », argue Robertson Velez. 

« La technologie tend à séparer les gagnants des perdants au moyen d’un processus de destruction créatrice. En ce moment, le thème dominant est celui de l’IA qui apporte à la fois les plus grandes possibilités et les plus grandes perturbations. Or si toutes les sociétés disent adopter l’IA par les temps qui courent, elles ne parviennent pas toutes à en tirer des avantages concurrentiels. Notre travail est d’identifier celles qui réussissent », poursuit le gestionnaire dont 80 % du portefeuille est actuellement exposé à l’IA.  

« Nous investissons dans les éléments fondamentaux de l’IA, comme les semiconducteurs et les infrastructures, avec des titres comme Nvidia et Broadcom. À mesure que les algorithmes gagnent en efficacité, la demande de capacité augmente comme on peut le voir dans les prévisions de dépenses en capital des géants Alphabet, Meta et Microsoft », explique Robertson Velez. 

 « Ensuite, nous investissons dans les applications en entreprise, où le défi est moins l’IA en tant que telle que la migration de larges quantités de données vers un format utile à la modélisation. Des sociétés comme Microsoft, ServiceNow et Salesforce se distinguent à ce titre. »

« Troisièmement, nous nous exposons aux applications qui touchent directement les consommateurs, comme les moteurs de recherche et outils de recommandation évolués. »

 L’adoption de l’IA fait cependant face à une certaine résistance au changement, comme c’est le cas avec chaque nouvelle vague d’innovation technologique. L’expert cite en exemple la réalité virtuelle, qui n’a jamais vraiment percé auprès d’un public élargi en raison des appareils encombrants qu’elle nécessite, et l’infonuagique qui n’a pas convaincu beaucoup d’entreprises encore attachées à leurs systèmes centralisés.

 « L’IA a l’avantage de s’adapter au comportement humain, ce qui lui permet de se substituer facilement à des fonctions d’affaires comme les centres de soutien à la clientèle ou le développement logiciel. On hésite encore souvent à lui confier des tâches plus complexes, principalement par manque de confiance, mais la multiplication des robotaxis et des robots humanoïdes pourrait convaincre les récalcitrants à mesure que la technologie se raffine au cours de la prochaine décennie. Nous n’en sommes qu’aux balbutiements de l’adoption », s’enthousiasme l’expert. 

Son optimisme est renforcé par la nature cyclique du secteur technologique. Si on observe les grandes vagues d’adoption précédentes, des ordinateurs individuels aux téléphones intelligents, on constate qu’elles s’étendent sur environ dix ans. Dans le cas de l’IA, après la vague actuelle d’investissements massifs des grandes sociétés du secteur, il s’attend à voir une adoption massive par les entreprises et les consommateurs. 

« Au-delà de l’incertitude liée aux politiques commerciales américaines, l’IA va demeurer le thème dominant de la prochaine décennie. »

Cet article fait partie du programme Gestionnaires en direct, commandité par Gestion d’actifs CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.

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Nicolas Ritoux

Nicolas Ritoux est journaliste indépendant. Il collabore à Conseiller.ca depuis 2009.