Des stratégies défensives face à la volatilité  

Par Nicolas Ritoux | 7 July 2025 | Last updated on 14 July 2025
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Une femme d'affaires étudie les marchés financiers pour calculer les risques et les bénéfices possibles. L'argent de comptabilité d'économiste féminin avec des graphiques de statistiques pointant sur l'écran de l'ordinateur au bureau.
GaudiLab / iStock

Certains secteurs de l’économie demeurent relativement à l’abri de la volatilité, assure Greg Zdzienicki, vice-président et gestionnaire de portefeuille à Gestion d’actifs CIBC.

 « Les actions les moins volatiles offrent historiquement un meilleur rendement que celles plus risquées. Ce paradoxe a conduit de nombreux investisseurs à opter pour des stratégies à faible volatilité, devenus particulièrement populaires avec la crise financière de 2008. Elles consistent à choisir des placements plus défensifs qui réduisent la sensibilité du portefeuille aux mouvements d’ensemble du marché — autrement dit avec un bêta réduit — et améliorent son rendement à long terme », explique Greg Zdzienicki. 

Pour illustrer l’intérêt de cette stratégie, l’expert prend l’exemple de la bulle financière des technologies, voilà déjà 25 ans. À cette époque, alors que l’indice MSCI World chutait de 20 %, l’indice de faible volatilité S&P Global Low-Vol affichait un rendement positif de 3 %. Puis en 2007 à 2009, en pleine crise financière, le MSCI World dégringolait 32 %, alors que les stratégies de faible volatilité enregistraient des pertes deux fois moindres. Plus près de nous, lors de la forte volatilité de 2022 sur les marchés, le MSCI World a perdu 13 %, contre seulement 1 % pour le S&P Global Low-Vol.

« Durant chacune de ces contractions du marché, les stratégies à faible volatilité ont offert une bonne protection tout en maintenant une exposition à long terme aux actions », constate Greg Zdzienicki.

En 2025, la volatilité est revenue en force avec les annonces de tarifs douaniers américains, et une fois de plus, les portefeuilles à faible volatilité ont moins reculé que l’ensemble des marchés, que ce soit au Canada, aux États-Unis ou dans le reste du monde.

« Au sein d’un portefeuille d’actions, les stratégies à faible volatilité viennent renforcer la préservation du capital et accélérer la reprise après des phases de contractions du marché, ce qui les rend particulièrement adéquates pour les investisseurs ayant une basse tolérance au risque. Ces derniers conservent ainsi une exposition aux marchés d’actions à long terme plutôt que d’opter pour des produits à revenu fixe », dit Greg Zdzienicki. 

Certains secteurs économiques se prêtent tout naturellement aux stratégies à faible volatilité, indique-t-il.  

Ainsi, dans un FNB canadien à faible volatilité, on retrouve majoritairement des titres issus des services financiers, des services d’utilité publique, des biens de consommation courante, et des télécommunications, incluant de nombreuses sociétés profitables qui versent des dividendes.  

Dans un FNB américain à faible volatilité, la composition diffère légèrement. Les stratégies à faible volatilité favorisent aussi les biens de consommation courante, les services financiers, les services d’utilité publique, mais sous-pondèrent les biens discrétionnaires et les technologies de l’information, qui pèsent très lourd sur le marché américain.  

Une autre différence à souligner est au niveau de la taille des entreprises ciblées. Alors que le FNB canadien comprendra surtout des sociétés entre 10 et 50 milliards de dollars (G$) de capitalisation boursière, l’américain mise sur des capitalisations plus élevées, allant de 50 G$ à plus de 100 G$.

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Nicolas Ritoux

Nicolas Ritoux est journaliste indépendant. Il collabore à Conseiller.ca depuis 2009.