Élections américaines : la diversification est encore la clé

Par La rédaction | 29 November 2024 | Last updated on 28 November 2024
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Drapeau des USA à Chicago avec des gratte-ciel sur fond.
william87 / iStock

L’élection de Donald Trump continue d’avoir un impact sur l’économie américaine, et cette influence se fera également sentir sur l’économie canadienne. Les gestionnaires de portefeuilles devront donc poursuivre une diversification prudente afin de se prémunir contre les risques inattendus.

Comme toujours, l’avenir est incertain. Si certains secteurs devraient bénéficier de la présidence de Donald Trump, d’autres pourraient en pâtir, souligne Avery Shenfeld, Économiste en chef, Marchés mondiaux CIBC dans une vidéo publiée sur le site de CIBC.

Suite à l’annonce de la victoire du candidat républicain, les actions américaines ont connu une forte hausse. Plusieurs facteurs expliquent cette dynamique, notamment l’anticipation d’un assouplissement de la réglementation et d’une réduction de l’impôt sur les sociétés, des promesses électorales faites par Donald Trump.

Toutefois, les taux obligataires ont augmenté entraînant une baisse des cours des obligations. Les taux d’intérêt long terme ont progressé en raison des craintes à l’égard d’un accroissement des déficits budgétaires futurs, générés par les réductions d’impôts promises par Donald Trump.

Les marchés mondiaux ont également été affectés par la nouvelle, en raison des craintes liées aux barrières commerciales.

DES CHANGEMENTS SANS GRANDS IMPACTS ?

Malgré ces mouvements, les prévisions en matière de croissance économique des économistes de la CIBC n’ont que peu changé.

« Les États-Unis et le Canada en sont à l’étape du cycle économique où l’inflation a ralenti et où les banques centrales doivent abaisser suffisamment les taux d’intérêt pour, d’une part, accélérer la croissance économique au Canada et, d’autre part, faire en sorte que l’économie renoue avec le plein emploi et évite un autre ralentissement aux États-Unis », explique Avery Shenfeld.

Si les barrières commerciales s’accentuent, cela pourrait effectivement nuire aux exportations au Canada, nécessitant ainsi un allégement encore plus marqué des taux d’intérêt pour stimuler la croissance économique.

En revanche, la croissance aux États-Unis pourrait encore ralentir « pour s’établir à un peu plus de 2 % ». L’économie américaine devrait ralentir encore non seulement pour contenir l’inflation, « mais aussi parce que l’administration Trump prévoit réduire considérablement le rythme de croissance démographique en limitant le nombre d’immigrants », souligne Avery Shenfeld.

Ce dernier facteur pourrait peser lourdement sur la croissance économique des États-Unis dans les prochaines années.

Du côté du Canada, bien que les exportations puissent pâtir de restrictions commerciales, certains secteurs ne seront pas affectés de la même manière. Avery Shenfeld estime que les États-Unis pourraient notamment « être plus favorables aux importations de pétrole ainsi que d’uranium, s’ils développent leur capacité de production d’énergie nucléaire ».

Toutefois, tant que les négociations sur l’accord de libre-échange entre les États-Unis, le Mexique et le Canada n’auront pas repris et que les droits de douane ne seront pas annoncés, l’incertitude persiste.

Des turbulences sont cependant à prévoir, prévient Avery Shenfeld.

« De toute évidence, ces élections et le vaste éventail de changements de politiques qu’elle pourrait entraîner font en sorte qu’un portefeuille diversifié est beaucoup plus avantageux pour l’investisseur moyen. »

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La rédaction