Incertitude en vue de l’élection américaine

Par Nicolas Ritoux | 8 October 2024 | Last updated on 12 November 2024
3 min read
Concept d'élection présidentielle américaine. Urne avec drapeaux américains et signe de la Maison Blanche. Illustration 3d
Maksym Yemelyanov /AdobeStock

Les marchés retiennent leur souffle et la volatilité sera sans doute moindre une fois que nous connaîtrons le prochain président américain, croit Natalie Taylor, gestionnaire de portefeuille, Gestion d’actifs CIBC.

Elle commence par un survol des marchés d’actions canadiens, dans la foulée des trois baisses de taux successives de la banque centrale.

« L’inflation s’est maintenue autour de 3 % dans la dernière année après que le taux directeur ait été porté à 5 %. Mais ce taux élevé a fait ralentir l’économie et grugé la confiance des consommateurs, ce qui a poussé la Banque du Canada à le baisser de 75 points de base. Bien qu’il soit trop tôt pour en voir les conséquences économiques, le marché d’actions canadien a gagné 10 % depuis la première baisse de juin, incluant des surperformances de 22 % pour l’immobilier, 14 % pour les services financiers, et 11 % pour les services d’utilité publique, qui sont typiquement sensibles aux taux d’intérêt », rapporte Natalie Taylor.

Elle cite notamment l’ontarienne Chartwell résidences pour retraités, qui jouit d’une forte demande et voit ses taux d’occupation croître alors que ses coûts opérationnels baissent depuis la pandémie.

Dans le secteur des télécommunications, elle a une opinion favorable sur le titre de Québécor, qui, en tant que nouvel acteur sur le marché pancanadien après l’acquisition de Freedom, « a plus à gagner et moins à perdre que ses concurrents ».

L’experte croit que si la Banque du Canada continue de baisser ses taux, ce qu’elle fera fort probablement, les deux secteurs qui en profiteront le plus seront l’industrie et la consommation discrétionnaire. 

Aux États-Unis, les mêmes deux secteurs sont appelés à performer alors que la Réserve fédérale américaine (Fed) vient d’entamer son propre cycle de baisse de taux. Natalie Taylor croit aussi que l’immobilier américain profitera de la pression politique autour de l’accès à la propriété, qui favorisera l’accroissement de l’offre. Le secteur des technologies en revanche, propulsé jusqu’ici par les promesses de l’intelligence artificielle, pourrait faire face à une correction. 

Mais une ombre plane actuellement sur les marchés : l’échéance très prochaine de l’élection présidentielle américaine. 

« Je crois que l’incertitude est particulièrement présente en ce moment, mais qu’elle se dissipera une fois l’élection terminée. Plusieurs dirigeants de sociétés nous ont confié qu’ils retardaient certaines décisions stratégiques jusqu’à ce qu’ils soient fixés sur les politiques de la nouvelle administration. Il est possible que de nombreux consommateurs repoussent des dépenses pour la même raison. Les résultats de l’élection devraient apporter une plus grande clarté sur les marchés », croit Natalie Taylor.

Quoi qu’il en soit, elle rappelle que la meilleure stratégie pour faire face à l’incertitude est la diversification et elle recommande aux investisseurs de bien équilibrer leur portefeuille.  

Cet article fait partie du programme Gestionnaires en direct, commandité par Gestion d’actifs CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.

Abonnez-vous à nos infolettres

Nicolas Ritoux

Nicolas Ritoux est journaliste indépendant. Il collabore à Conseiller.ca depuis 2009.