Le Canada tient bon malgré les craintes de récession

Par Nicolas Ritoux | 15 July 2025 | Last updated on 28 July 2025
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Graphique en chandelier et données du marché financier mondial.
tadamichi / iStock

Plusieurs vents porteurs soufflent sur l’économie canadienne et font mentir les pessimistes, croit Michael Sager, directeur général et chef, multiclasse d’actifs et gestion des devises, Gestion d’actifs CIBC.

« Nous avons certes assisté à un ralentissement de l’économie mondiale au cours du dernier semestre, mais le niveau d’activité demeure robuste, et sans doute meilleur que ce qu’on craignait au début de la guerre des tarifs douaniers. Résultat : la situation n’est pas si mauvaise non plus pour les marchés d’actions et autres actifs à risque », observe Michael Sager.

Les États-Unis pourraient en fait être les premières victimes des tarifs douaniers « même si cela semble contre-intuitif », prévient l’expert. En amorçant l’offensive sur plusieurs fronts à la fois, nos voisins du sud s’exposent davantage. Au Canada, en Europe ou en Chine, les impacts sont compensés par d’importantes mesures fiscales ainsi qu’une attitude accommodante de la part des banques centrales. Dans ce contexte, le scénario d’une récession mondiale semble écarté.

Au Canada, l’élection fédérale a eu un effet positif, assure Michael Sager, et le second trimestre pourrait bien être le creux à partir duquel les choses vont s’améliorer.

« Nous continuons de croire à une entente commerciale prochaine avec les États-Unis, avec à la clef des tarifs relativement bas. Quant aux salaires, ils devraient continuer d’être à la hausse ce qui poussera l’économie canadienne vers le haut. À cela s’ajoutent plusieurs politiques fiscales ciblant l’immobilier, les infrastructures et de la productivité. De plus, les baisses de taux de la Banque du Canada vont amortir le choc des tarifs. Tout cela est positif pour notre marché d’actions », entrevoit Michael Sager.

Il balaie les mises en garde annonçant la chute du dollar américain. 

« Le dollar devrait conserver son rôle central dans les échanges mondiaux pour un bon moment, même si à la marge, les investisseurs s’inquiètent des politiques américaines, de l’endettement de Washington et d’autres facteurs. Le statut du billet vert s’est détérioré, mais pas au point d’être menacé. En revanche, il pourrait encore s’affaiblir face aux autres devises, car l’économie américaine est en train de perdre son rôle de chef de file des cycles économiques mondiaux. D’autres économies pourraient croître plus rapidement au cours des prochains trimestres », analyse Michael Sager. 

Michael Sager entrevoit un huard à 78 cents américains, à mesure que l’économie américaine ralentit et que la conjoncture canadienne s’améliore. L’euro devrait bénéficier d’une dynamique comparable et pourrait également bénéficier de ce rééquilibrage économique.

Ce contexte offre de bonnes occasions aux investisseurs, surtout s’ils restent exposés au Canada et explorent les marchés mondiaux. Aux États-Unis, c’est la technologie qui devrait offrir les meilleures performances selon l’expert. 

Cet article fait partie du programme Gestionnaires en direct, commandité par Gestion d’actifs CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.

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Nicolas Ritoux

Nicolas Ritoux est journaliste indépendant. Il collabore à Conseiller.ca depuis 2009.