Le dollar américain maintient sa domination

Par Nicolas Ritoux | 4 March 2025 | Last updated on 3 March 2025
3 min read
Symbole du dollar américain posé sur une surface en bois devant un graphique. Mise au point sélective. Composition horizontale avec espace de copie.
Microstockhub / iStock

Tandis que le dollar américain devrait conserver sa position dominante, le huard et l’euro risquent d’être à la traîne, tandis que le yen représente un bon refuge, avance Michael Sager, directeur général et chef des placements, Multiclasse d’actifs et gestion des devises, Gestion d’actifs CIBC. 

« L’économie américaine demeure la plus forte, et la Réserve fédérale américaine (Fed) se montre plus agressive dans sa politique monétaire que les autres banques centrales des pays développés. Sans compter que nous traversons une période de forte incertitude, ce qui est toujours positif pour le dollar américain. Celui-ci devrait se maintenir au-delà de sa juste valeur à long terme », analyse Michael Sager.

« Le dollar canadien en revanche fait face à la menace des tarifs douaniers, qui risquent bien de devenir une réalité. La Banque du Canada pourrait être tentée d’assouplir sa politique monétaire pour protéger la devise. Mais dans tous les cas, au cours de l’année 2025 le huard risque de s’échanger en deçà de sa juste valeur à long terme, probablement jusqu’à 15 % », continue-t-il.

L’expert n’est pas plus enthousiaste envers l’euro, qui souffre d’une économie au ralenti, d’un contexte politique confus, d’une concurrence chinoise agressive, et de la menace de tarifs douaniers américains, notamment sur le secteur automobile. Il entrevoit donc une mauvaise année pour l’euro face au billet vert. 

« C’est sans parler de la situation en Ukraine qui demeure incertaine. L’avènement d’un cessez-le-feu pourrait aussi bien être positif que négatif selon ses termes », précise Michael Sager.

En revanche, le yen pourrait servir de couverture, car l’économie japonaise bénéficie d’une reprise solide et d’une sortie de la déflation, tout en étant moins exposée aux menaces de tarifs américains.

« Nous sommes optimistes pour le yen, qui nous semble s’échanger à bon prix et pourrait bien s’apprécier », synthétise Michael Sager.

Parmi les pays émergents, il privilégie ceux présentant des fondamentaux solides, des prix attrayants, des taux élevés et une forte croissance intérieure. Ainsi, les devises du Brésil, de la Colombie et de l’Afrique du Sud trouvent grâce à ses yeux.

« Outre la question des devises, il s’agit de garder l’œil sur les fondamentaux qui soutiennent les placements au sein du portefeuille, comme les profits pour les actions, les taux d’intérêt pour les obligations, et ainsi de suite. C’est ainsi que l’on se positionne à long terme et que l’on peut atteindre ses objectifs », conclut l’expert.

Cet article fait partie du programme Gestionnaires en direct, commandité par Gestion d’actifs CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.

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Nicolas Ritoux

Nicolas Ritoux est journaliste indépendant. Il collabore à Conseiller.ca depuis 2009.