Les investisseurs canadiens conservent leurs actions américaines

Par Jonathan Got | 13 March 2025 | Last updated on 12 March 2025
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Drapeau des USA à Chicago avec des gratte-ciel sur fond.
william87 / iStock

Au premier jour des tarifs douaniers imposés par le président américain Donald Trump sur les produits canadiens, les investisseurs expriment des inquiétudes, mais ne sont pas encore prêts à ajuster leurs portefeuilles d’investissements américains.

« Nous avons un très faible pourcentage de clients qui sont prêts à sacrifier les rendements pour leurs convictions, rapporte Francis Gingras Roy, représentant de Patrimoine Manuvie à Dorval, au Québec. La plupart des gens essaient de maximiser leur rendement. »

Cette attitude va à l’encontre de la réaction des consommateurs canadiens. Selon un sondage Léger publié le 4 mars, les deux tiers des consommateurs ont réduit leurs achats de produits américains et 70 % ont augmenté leurs achats de produits canadiens.

Plus de quatre Canadiens sur cinq (83 %) sont favorables à des tarifs douaniers de rétorsion.

Le Premier ministre Justin Trudeau a riposté en imposant immédiatement des droits de douane de 25 % sur des produits américains d’une valeur de 30 milliards de dollars (G$), dont du whisky, des collants et des réfrigérateurs. Si la guerre commerciale se poursuit, 125 G$ de marchandises supplémentaires seront soumis à des droits de douane dans 21 jours.

Les nouveaux clients sont anxieux à l’idée d’investir de l’argent frais et de s’engager dans un plan à long terme, commente Larry Short, gestionnaire de portefeuille principal chez Short Financial, avec des bureaux à St. John’s et Toronto. De même, Francis Gingras Roy a reçu des appels et des courriels de clients inquiets lorsque les marchés ont chuté en matinée.

« Les gens ont peur, constate-t-il. Ils nous demandent s’il faut modifier leur stratégie et les portefeuilles. »

Dans l’après-midi du 4 mars, cependant, les principales bourses nord-américaines se sont engagées sur la voie de la correction.

« Entre le matin et l’après-midi, c’étaient des mondes complètement différents, souligne Francis Gingras Roy. Il ne faut jamais faire de changements sur la base des émotions et de la volatilité à court terme. »

Une cliente a demandé à Francis Gingras Roy si elle devait cesser d’acheter des actions américaines telles qu’Apple, pensant que le cours de l’action pourrait chuter, car les Canadiens évitent les produits américains. Francis Gingras Roy n’est pas d’accord. Les Canadiens continueront à manger chez McDonald’s, à faire leurs courses chez Walmart et à commander des produits par l’intermédiaire d’Amazon parce que c’est pratique, soutient-il.

« Les gens ne sont pas prêts à sacrifier ce niveau de confort pour leurs convictions, et je ne pense donc pas qu’il y ait un risque pour les actions américaines. »

Certains investisseurs pourraient même parier sur l’Amérique. Le dollar canadien est en baisse et les entreprises américaines bénéficieront probablement des droits de douane, selon Larry Short.

Si certaines actions chutent en cas de turbulences, d’autres sont en plein essor, observe Larry Short. Par exemple, les biens de consommation de base et les supermarchés de valeur ont tendance à bien se comporter en période de ralentissement.

Les investisseurs devraient éviter d’investir dans les secteurs touchés, tels que le pétrole et le gaz canadiens et la fabrication de pièces automobiles, car les droits de douane augmentent les coûts de production et les prix, recommande-t-il.

Le Canada sera en récession si les droits de douane persistent, affirme Larry Short. Mais les marchés ont enregistré des rendements supérieurs à la moyenne au cours de l’année écoulée, de sorte qu’il existe un coussin pour absorber une partie de la récession.

« Les conseillers se font vraiment les dents et gagnent leur vie pendant des périodes comme celle-ci, assure Larry Short. Les conseillers devraient appeler leurs clients [et] leur fournir autant d’informations que possible afin d’éviter qu’ils ne prennent des décisions monumentales sous l’effet de la panique. »

L’enquête en ligne de Léger a été menée auprès de 1 534 Canadiens et 1 007 Américains entre le 21 et le 25 février 2025.

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Jonathan Got

Jonathan Got est journaliste pour Investment Executive.