Les matières premières vont alimenter l’inflation

Par Nicolas Ritoux | 15 October 2024 | Last updated on 12 November 2024
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Homme d’affaires tenant un symbole de pourcentage lumineux pour la planification financière et le concept de politique de croissance des taux d’intérêt.
Dilok Klaisataporn / iStock

Une forte demande venue de l’immobilier, des infrastructures et l’émergence de l’Inde devraient maintenir élevés les prix des matières premières, ce qui contribuera à l’inflation, croit Éric Morin, analyste principal pour Gestion d’actifs CIBC. 

« Les prix des matières premières et l’inflation sont généralement corrélés, donc tout ce qui influence l’un a de l’effet sur l’autre. La demande de matières premières va entraîner une hausse de l’offre, ce qui est une bonne nouvelle du point de vue de l’investissement, mais une mauvaise du côté de la consommation puisqu’à moyen terme, l’inflation va demeurer au-dessus des cibles de la plupart des banques centrales », analyse Éric Morin. 

L’expert entrevoit plusieurs tendances durables qui soutiennent la demande. Il évoque d’abord le risque géopolitique, qui pousse des puissances comme les États-Unis et la Chine à investir dans leurs capacités technologiques et manufacturières respectives. Par la suite, il mentionne la crise du logement au Canada, aux États-Unis et ailleurs. 

« Il faudra trois à cinq ans d’investissements soutenus avant de pouvoir rétablir l’équilibre sur le marché immobilier nord-américain », estime Éric Morin. 

La demande est aussi très forte du côté des infrastructures ; les chiffres de l’American Society of Civil Engineers indiquent qu’il faudra investir plus de 10 % du PIB des États-Unis pour remplacer la proportion d’infrastructures de transport terrestre et maritime qui arrive en fin de vie aux États-Unis, et le Canada n’est pas en reste. 

La transition vers les énergies renouvelables va aussi stimuler la demande ; le FMI et l’Agence Internationale de l’Énergie entrevoient un doublement des investissements dans ce domaine dans les prochaines années. La mise à jour des réseaux électriques devrait notamment requérir 2 % du PIB mondial selon ces institutions, pour répondre à la demande accrue en provenance des véhicules électriques et des centres de données.  

Et puis il y a l’Inde, qui se développe à forte vitesse et se trouve en passe de dépasser la Chine comme moteur économique du monde.  

« À moyen terme, nous nous attendons à voir l’Inde compter pour un quart de la croissance mondiale, et jusqu’à un tiers de la demande d’énergie. Sa population est jeune et encore faiblement urbanisée. Le pays va avoir besoin d’énormément de matières premières, du charbon au cuivre en passant par l’or qui est très prisé culturellement comme réserve de valeur », soutient Éric Morin. 

Tout cela rend les matières premières attractives pour les investisseurs, croit-il. 

« Elles offrent une couverture contre les risques liés à l’inflation et à la géopolitique, elles contribuent à la diversification des portefeuilles, et surtout, elles peuvent dynamiser les rendements », avance-t-il.

Cet article fait partie du programme Gestionnaires en direct, commandité par Gestion d’actifs CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.

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Nicolas Ritoux

Nicolas Ritoux est journaliste indépendant. Il collabore à Conseiller.ca depuis 2009.