Les rendements du revenu fixe grimpent face à l’incertitude

Par Nicolas Ritoux | 18 March 2025 | Last updated on 17 March 2025
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Point d’interrogation, choix de l’esprit avec l’homme d’affaires pensant.
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Le marché du revenu fixe fait face à plusieurs scénarios possibles en termes de croissance, d’inflation et de politiques monétaires, observe Jeffrey Mayberry, stratège en répartition d’actifs et gestionnaire de portefeuille à Double Line Capital.

« Le marché obligataire américain a connu des ventes massives qui se sont traduites par une hausse significative des rendements. Le phénomène est également alimenté par une inflation encore élevée, des craintes face au déficit budgétaire, et le risque d’un ralentissement économique », analyse Jeffrey Mayberry.

La Réserve fédérale américaine (Fed) maintient sa cible d’inflation de base à 2 % pour l’indice des dépenses de consommation personnelle, c’est-à-dire excluant l’alimentation et l’énergie. Pour le moment cet indice tourne autour de 2,5 % en raison de certaines composantes, comme l’immobilier, où l’inflation ralentit lentement, selon l’expert. 

« Le marché anticipe au moins deux baisses de taux supplémentaires de la part de la Fed, à partir du mois de juin. Mais tout dépendra des données à venir. Si l’inflation diminue plus vite que prévu, la Fed pourrait accélérer ses baisses de taux, et inversement. »

Pendant ce temps, le marché obligataire canadien est soumis à des risques politiques liés aux décisions fiscales des gouvernements des deux côtés de la frontière. Mais l’expert prévoit une baisse « agressive » des taux par la Banque du Canada, créant ainsi un écart important avec les taux américains. Il entrevoit aussi une surperformance des obligations canadiennes, à condition que la croissance économique ne soit pas menacée.

« Dans l’ensemble, les marchés obligataires offrent de belles occasions selon le risque que l’on est prêt à prendre. Par exemple, les titres adossés à des créances hypothécaires commerciales offrent d’importants écarts de rendement qui devraient se réduire, et peuvent servir de compléments à des bons du Trésor américain », suggère Jeffrey Mayberry.

Il s’agit de garder en tête les différents scénarios pour le reste de 2025. Plutôt que l’atterrissage économique auquel beaucoup d’observateurs s’attendaient, qu’il soit en douceur ou à la dure, l’expert voit se dessiner la possibilité d’une « stagflation », c’est-à-dire le mélange redouté d’une inflation plus élevée et d’une croissance plus faible. 

« Cette éventualité reste peu probable, mais le fait que les gens en parlent de plus en plus pèse sur les marchés », souligne-t-il.

Cet article fait partie du programme Gestionnaires en direct, commandité par Gestion d’actifs CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.

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Nicolas Ritoux

Nicolas Ritoux est journaliste indépendant. Il collabore à Conseiller.ca depuis 2009.