Pour les conseillers, le moment est venu de briller

Par Nicolas Ritoux | 6 May 2025 | Last updated on 12 May 2025
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La période de forte incertitude actuelle offre un contexte idéal pour démontrer la valeur du conseil à ses clients, croit Michael Keaveney, vice-président, solutions gérées, Gestion d’actifs CIBC.

« Les marchés d’actions ont connu des mouvements brutaux ces dernières semaines. En avril, des indicateurs comme le VIX ont atteint des niveaux inédits depuis la crise sanitaire. Du côté des marchés obligataires, l’indice MOVE — qui mesure la volatilité des options sur les swaps de taux d’intérêt libellés en dollars — a également fortement progressé. Le niveau de frénésie des marchés me rappelle la période de 2008-2009, bien que les origines de cette nervosité soient tout à fait différentes », analyse Michael Keaveney.  

Cette fois, la principale source d’incertitude réside dans la succession d’annonces aussi inattendues que contradictoires émanant de l’administration Trump. À ce jour, le niveau des droits de douane envisagés demeure flou, variant selon les pays et les secteurs, tout comme leur durée d’application. Il reste également à déterminer si les réactions de certains partenaires commerciaux pourraient entraîner une escalade des tensions. 

« Les participants des marchés n’aiment pas ce genre d’incertitude. Les sociétés peuvent difficilement justifier des investissements, les banques centrales ont du mal à s’ajuster aux perspectives d’inflation, et les investisseurs dans leur ensemble sont insatisfaits. Leur comportement actuel reflète une nette aversion au risque. C’est le moment pour les conseillers de démontrer leur valeur », soutient Michael Keaveney.

 « Le conseil ne se limite pas aux stratégies de placement, mais s’étend à la gestion des émotions. On peut se référer aux conversations passées pour aider les clients à rester concentrés sur leurs objectifs. Lorsque l’on navigue en eaux troubles, mieux vaut garder l’œil sur la rive ou sur le phare », poursuit-il.

La diversification des portefeuilles demeure, bien entendu, un principe fondamental. Contrairement à 2022, où actions et obligations avaient été pénalisées simultanément, les obligations jouent désormais un rôle stabilisateur précieux lorsque les marchés actions se replient. Par ailleurs, les marchés internationaux commencent à surperformer les marchés américains, inversant la tendance observée l’an dernier.

« Il y a une part d’éducation dans le travail du conseiller, qui consiste à expliquer que la volatilité est un élément récurrent des marchés et qu’on ne peut se mettre entièrement à l’abri du risque. Il s’agit de se montrer proactif en envoyant aux clients des mises à jour et commentaires sur les marchés. Même s’ils sont déjà exposés à toutes sortes d’informations, un conseiller de confiance peut les orienter vers les plus pertinentes en fonction de leurs objectifs, et initier ainsi des conversations », recommande Michael Keaveney.

C’est justement dans les périodes particulièrement incertaines que les épargnants mesurent la valeur d’un accompagnement professionnel et compétent.

« Il faut se tenir prêt à discuter des événements récents et des différentes manières dont le portefeuille du client va réagir selon les scénarios possibles. On peut ainsi offrir des perspectives concrètes malgré l’incertitude ambiante », conclut l’expert. 

Cet article fait partie du programme Gestionnaires en direct, commandité par Gestion d’actifs CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.

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Nicolas Ritoux

Nicolas Ritoux est journaliste indépendant. Il collabore à Conseiller.ca depuis 2009.