Sur les sentiers de l’alternatif, épisode 1 : « Une nouvelle époque »

Par Nicolas Ritoux | 27 May 2025 | Last updated on 26 May 2025
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Un dessin d'une flèche qui se divise en trois. Chaque pointe amène à une tirelire d'une couleur différente. Celle de gauche est verte, celle du haut est rose et celle de droit est bleue.
Dragon Claws / iStock

Il existe des solutions pour relever à la fois les défis de la diversification, du rendement à long terme et de la protection du capital, explique David Wong, directeur général de l’équipe de recherche en gestion de placements chez Gestion d’actifs CIBC. 

« L’investissement alternatif peut se définir par tout ce qui sort du portefeuille 60/40 traditionnel entre actions et obligations. On peut distinguer deux grandes catégories, selon que le sous-jacent est liquide comme dans le cas des fonds de couverture », résume David Wong.

« L’alternatif a gagné en popularité en au fil des dernières décennies sous l’impulsion de visionnaires comme David Swensen, en charge du fonds de dotation de Yale. Celui-ci est passé de 90 % d’actifs traditionnels à son arrivée en 1985, à 75 % de placements alternatifs en 2020, composés d’actionnariat privé, d’immobilier et de ressources naturelles. Son approche a donné au fonds des rendements annualisés de 13,7 % au cours de cette période, soit 3 % de plus que des fonds similaires et 5 % de plus que l’indice S&P 500. » 

Le « modèle de Yale » a inspiré de nombreux investisseurs à sortir des marchés publics pour aller chercher de meilleurs rendements en contrepartie d’une moindre liquidité, si bien que les fonds de couverture et les actifs privés représentent aujourd’hui une part incontournable de l’univers d’investissement. 

Ces possibilités sont longtemps restées hors de portée du simple épargnant, soit parce qu’elles lui étaient explicitement refusées, soit parce qu’elles exigeaient un important capital de départ. Mais certains fonds visent aujourd’hui à répondre aux besoins du marché de détail, avec des exigences de qualification réduites et une grande souplesse en matière d’échéances et de retraits et contributions.

« Nous sommes entrés dans une nouvelle époque passionnante pour l’investissement alternatif, car son adoption est appelée à s’élargir », s’enthousiasme David Wong.

Le public visé est idéalement celui des épargnants à long terme, qui cherchent à compléter un portefeuille d’actifs traditionnels. 

« L’avantage le plus évident est celui de la diversification, puisque les placements alternatifs évoluent dans des contextes qui leur sont propres. Par exemple, les actions de sociétés privées sont soumises de façon irrégulière à des valorisations, contrairement aux titres échangés en Bourse », explique David Wong.

Dans tous les cas, il est crucial de garder à l’esprit l’aspect illiquide de ces placements. 

« Il faut s’attendre à être compensé si l’on s’expose à un manque de liquidité par rapport aux marchés d’actions. C’est ainsi qu’une portion d’investissement alternatif peut accroître le rendement global du portefeuille, à condition bien sûr de faire ses choix en fonction de son horizon personnel. »

Bien sûr, qui dit nouveau type de placement dit nouveau type de risque.

« C’est là l’envers de la médaille de ces placements : ils sont moins liquides, ils sont plus concentrés dans des actifs individuels, et ils sont souvent associés à une dette élevée. Mais les investisseurs sont justement rémunérés pour ces risques », dit David Wong.

« La sélection des actifs peut prendre du temps, car elle exige d’éviter les décisions basées sur l’émotion du moment, et de se montrer patient face à des stratégies qui portent fruit sur le long terme. Heureusement, les épargnants peuvent compter sur leur conseiller pour les guider dans ce processus. »

Cet article fait partie du programme Gestionnaires en direct, commandité par Gestion d’actifs CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.

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Nicolas Ritoux

Nicolas Ritoux est journaliste indépendant. Il collabore à Conseiller.ca depuis 2009.