Sur les sentiers de l’alternatif, épisode 2 : des sociétés privées aux actifs réels

Par Nicolas Ritoux | 3 June 2025 | Last updated on 2 June 2025
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Femme à la recherche d’un moyen d’échapper au labyrinthe.
mikkelwilliam / iStock

L’actionnariat privé, le crédit privé et les actifs réels font partie des placements alternatifs qui peuvent contribuer à améliorer le rendement d’un portefeuille, selon Meric Koksal, directrice exécutive et chef de produit à CIBC Gestion d’actifs. 

« L’actionnariat privé peut prendre plusieurs formes, entre le capital-risque pour une entreprise en démarrage, le capital de croissance pour une exploitation déjà établie, ou le rachat lors d’une prise de contrôle par la direction. On a donc la possibilité d’investir à différents stages de développement, ce qui n’est pas le cas dans les marchés d’actions publics où on a affaire à des sociétés qui roulent déjà bien. Cela implique un certain risque, mais aussi des rendements potentiels plus élevés », explique Meric Koksal.

 « Le crédit privé, quant à lui, est un placement idéal pour la portion à revenu fixe d’un portefeuille, car il comporte des versements réguliers, habituellement sur une base mensuelle. Il s’agit en quelque sorte de prêts non bancaires dont le rendement peut être supérieur à celui des obligations de sociétés à haut rendement, souvent au-dessus des 10 % », poursuit-elle. 

« Les actifs réels regroupent les infrastructures physiques, l’immobilier et les ressources naturelles, ce qui en fait d’excellents compléments des actifs traditionnels, notamment dans un rôle de couverture de l’inflation puisqu’ils versent souvent des revenus qui augmentent avec le temps. » 

Non seulement ces placements alternatifs ont en commun d’offrir de meilleurs rendements que les portefeuilles traditionnels d’actions et d’obligations, mais ils en sont souvent décorrélés, souligne l’experte.

Elle cite sa « statistique préférée » selon laquelle 85 à 90 % des entreprises sont détenues sous forme privée. « Cela veut dire que les marchés d’actions publics ne vous exposent qu’à 10 ou 15 % des entreprises, soit un univers d’investissement très restreint, quand on y pense. » 

Bien sûr, toute décision de placement dépend de la situation de chaque épargnant. 

« La première question à se poser est la suivante : quel est l’objectif recherché ? S’agit-il de préserver le capital, de maximiser la croissance, de générer un revenu régulier, ou encore une combinaison de ces objectifs ? Il existe des fonds privés adaptés à chacun de ces besoins. La seconde question, tout aussi importante, est l’horizon de placement et les besoins de liquidités, puisque les placements privés offrent des versements très différents, souvent sur une base trimestrielle. Enfin, il est important de bien évaluer votre tolérance au risque, généralement moyenne à élevée dans le cas des placements privés », explique Meric Koksal. 

Il revient aux conseillers d’éduquer leurs clients sur les spécificités des marchés privés, qui sont méconnues pour beaucoup, note l’experte. Il existe heureusement de nombreuses ressources en ligne pour se documenter. 

Il faut enfin aborder la question des frais, qui suivent souvent une structure particulière. 

« Malgré les efforts de transparence de l’industrie, la compensation des gestionnaires n’est pas aussi simple à comprendre qu’avec des fonds de placement traditionnels. Outre les frais de gestion, il faut prendre en compte des frais de performance qui diffèrent de ce qu’on voit dans les marchés publics. ET cela affecte bien évidemment les rendements. »

Cet article fait partie du programme Gestionnaires en direct, commandité par Gestion d’actifs CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.

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Nicolas Ritoux

Nicolas Ritoux est journaliste indépendant. Il collabore à Conseiller.ca depuis 2009.