Une année 2025 en deux actes

Par Nicolas Ritoux | 14 January 2025 | Last updated on 13 January 2025
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Une main montrant deux doigts.
Cunaplus_M.Faba / iStock

L’économie canadienne devrait rester fragile au cours du premier semestre, avant de retrouver de la vigueur au second, croit Benjamin Tal, économiste en chef adjoint à la CIBC.

« C’est à ce moment que la magie des bas taux d’intérêt devrait commencer à opérer pour les consommateurs et les entreprises, et que la politique américaine devrait se stabiliser après l’installation de l’administration Trump », explique l’expert. 

« La question est de savoir dans quelle mesure la Banque du Canada va poursuivre ses baisses de taux. Cela dépendra des décisions de la Réserve fédérale américaine (Fed), car notre banque centrale ne peut pas trop s’en distancier pour des périodes prolongées. Si la Fed cesse de réduire ses taux, la Banque du Canada aura du mal à suivre cette politique. Mais j’espère qu’elles continueront toutes deux leur politique de baisse de taux, car l’inflation est proche de sa cible et l’économie ralentit. »

L’expert s’attend à voir un taux directeur de 2,25 % au Canada d’ici la fin 2025, ou même 2 % si les sentiments négatifs se poursuivent autour des menaces de tarifs douaniers proférées par Donald Trump.

« Son arrivée au pouvoir engendre de l’incertitude sur les marchés, mais c’est précisément son objectif puisque cela joue en faveur de ses intentions », analyse Benjamin Tal. 

« Au Canada, il devrait y avoir des élections au printemps et on peut s’attendre à une majorité conservatrice. Mais pour le moment, il est difficile de déterminer comment ils pourraient influer le contexte macro-économique. Je ne vois pas par exemple comment liés au marché immobilier pourraient évoluer », commente-t-il. 

Benjamin Tal distingue deux segments distincts dans ce secteur. Le marché des maisons unifamiliales qyu devrait demeurer équilibré, sans favoriser ni les acheteurs ni les vendeurs. En revanche, le marché des condos traverse une récession qui est appelée à se poursuivre, selon lui. 

« Les ventes ont baissé drastiquement. Les promoteurs ne peuvent plus générer de profits, donc ils ne se lancent plus dans de nouvelles constructions. Les investisseurs ont quitté le marché puisqu’environ 80 % sont dans le rouge. Parallèlement, l’offre continue d’augmenter, car les projets en cours doivent être achevés. Si l’offre augmente sans que la demande suive, les prix devraient continuer à baisser cette année », observe Benjamin Tal. 

« D’ici deux ans cependant, les investisseurs seront de retour puisque les taux auront baissé et le marché aura repris de la vigueur en l’absence de nouvelles constructions. Nous pouvons donc dire que les condos sont un marché d’acheteurs actuellement, surtout dans les grandes villes comme Vancouver et Toronto, où les prix étaient très élevés auparavant. » 

Cet article fait partie du programme Gestionnaires en direct, commandité par Gestion d’actifs CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.

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Nicolas Ritoux

Nicolas Ritoux est journaliste indépendant. Il collabore à Conseiller.ca depuis 2009.