Comment tirer pleinement parti du REEE ?

Par Nicolas Ritoux | 26 August 2025 | Last updated on 25 August 2025
3 min read
Pile de pièces et d’un mortier noir sur fond blanc - l’éducation et la notion d’épargne.
MicroStockHub / iStock

Le fédéral offre d’excellents outils pour financer l’éducation supérieure des enfants, à condition de s’y prendre tôt, explique Michael Keaveney, gestionnaire de portefeuille à Gestion d’actifs CIBC.

« Beaucoup de jeunes familles sont si préoccupées par les urgences du quotidien qu’elles délaissent les projets d’études à long terme de leurs enfants. Mais ceux-ci peuvent coûter très cher, parfois dans les six chiffres, sans parler de l’effet cumulé de l’inflation au fil des ans. Mieux vaut donc contribuer au Régime enregistré d’épargne-études (REEE) aussi tôt que possible », recommande Michael Keaveney.

Selon l’expert, la stratégie usuelle consiste à commencer par des placements plus risqués, avec une bonne proportion d’actions, lorsque l’horizon d’investissement est encore loin, et à se rabattre sur des titres à revenu fixe lorsque le début des études approche. La période totale peut s’échelonner sur 18-19 ans à compter de la naissance d’un enfant. 

Il rappelle que pour bénéficier pleinement de la Subvention canadienne pour l’épargne-études (SCEE), qui équivaut à 20 % des contributions personnelles versées à un REEE éligible, jusqu’à concurrence de 500 $ par an et 7 200 $ à vie, il est préférable d’étaler ses contributions d’année en année de manière à en tirer pleinement profit. À noter que le plafond global des cotisations à un REEE est fixé à 50 000 $ par bénéficiaire.

« Le conseiller peut accompagner la famille dans la structuration de ses actifs afin de dégager, chaque année, les sommes requises pour tirer pleinement parti de la SCEE », note Michael Keaveney.

« Une fois en période de décaissement, quand l’enfant est inscrit dans un établissement post-secondaire et fait face à des frais réguliers, il est important d’éviter tout risque superflu et de s’en tenir à des actifs à revenu fixe ou des instruments à court terme », suggère l’expert.

« Beaucoup de parents ont tendance à ouvrir un REEE, verser leurs contributions, et s’en tenir à cela. C’est le rôle du conseiller de les aider à maximiser leurs rendements à long terme, de la même manière que pour un régime d’épargne-retraite, surtout dans les débuts quand les études supérieures sont encore loin. »

Il prend en exemple ses propres enfants, actuellement inscrits à l’université, qui profitent des REEE ouverts par sa femme et lui presque depuis leur naissance en 2003 et 2005. Depuis, les marchés ont connu plusieurs soubresauts, incluant la crise financière de 2008 durant laquelle il a fallu garder le cap malgré la tentation de se retirer.

Sur un horizon d’épargne de 15 à 20 ans, il faut s’attendre à traverser des secousses comparables, rappelle-t-il. 

« L’épargne-études des enfants est souvent l’un des premiers projets à long terme qu’entreprennent les jeunes parents, et beaucoup se sentent impuissants face à l’incertitude des marchés. Mais ils n’ont pas besoin de devenir des experts. Il leur suffit de se concentrer sur ce qu’ils contrôlent : débuter tôt, contribuer régulièrement, et solliciter l’avis d’un conseiller », résume Michael Keaveney.

Il mentionne l’option du Régime d’encouragement à l’éducation permanente, qui permet au titulaire d’un REEE d’en retirer jusqu’à 10 000 $ par an (et 20 000 $ au total) pour ses propres projets de formation ou ceux de son conjoint. Mais cela ne profite pas aux enfants.

Les CELI peuvent aussi être mis à contribution même s’ils ne donnent pas droit à la SCEE, ajoute-t-il.

« Il ne faut pas oublier non plus les sources familiales d’assistance financière, de même que les revenus gagnés par les enfants lors d’emplois à temps partiel. C’est l’occasion pour eux de se faire artisans de leur propre réussite tout en développant leur littératie financière », conclut-il.

Cet article fait partie du programme Gestionnaires en direct, commandité par Gestion d’actifs CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.

Abonnez-vous à nos infolettres

Nicolas Ritoux

Nicolas Ritoux est journaliste indépendant. Il collabore à Conseiller.ca depuis 2009.