Dernier tour de piste pour le revenu fixe

Par Nicolas Ritoux | 27 August 2024 | Last updated on 26 August 2024
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Homme d’affaires tenant une tablette avec des graphiques financiers. Planification, défis et stratégie d’affaires.
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Alors que la Réserve fédérale américaine (Fed) s’apprête à réduire ses taux, c’est le moment de capturer les rendements actuellement optimaux de certains produits à revenu fixe, recommande Jeff Mayberry, gestionnaire de portefeuille à Double Line Capital.

 « Nous vivons une période intéressante en termes de politique monétaire. La banque centrale américaine commence à moins s’inquiéter de l’inflation que de la croissance, et considère sérieusement une baisse de taux qu’elle pourrait annoncer dès sa prochaine rencontre le 18 septembre. Les bons du Trésor à court terme vont donc cesser d’être un placement idéal offrant un haut rendement sans risque, et les investisseurs à revenu fixe doivent chercher des alternatives », explique Jeff Mayberry. 

 « Il est encore possible aujourd’hui de capturer des écarts de rendements supérieurs à ceux des bons du Trésor, à condition d’assumer légèrement plus de risque, en termes de crédit et de durée. Les marchés anticipent déjà quatre à cinq baisses de taux d’ici la fin de 2024, et d’autres, encore plus agressives, en 2025 », poursuit-il.

Selon l’expert, c’est maintenant le moment d’agir avant que l’annonce de la Fed ne soit officielle. Il juge que les prix actuels des produits à revenu fixe, qu’il s’agisse des obligations d’entreprises ou des produits structurés tels que les titres adossés à des créances hypothécaires d’agences ou commerciales, sont raisonnables et n’engendrent pas de risques excessifs. Idéalement, précise-t-il, les rendements de ces produits se maintiendront au-dessus de l’inflation. 

Reste le risque d’une récession. « Dans ce cas, mieux vaut diversifier entre plusieurs catégories, entre les titres adossés à des créances hypothécaires commerciales avec une qualité de crédit élevée, et les titres adossés à des créances hypothécaires d’agences où le risque est plus faible. Ceux-ci se porteront bien en cas de difficultés économiques, et fourniront des fonds disponibles une fois que les écarts de rendement s’élargiront de nouveau », suggère Jeff Mayberry. 

Dans tous les cas, il considère que la période actuelle est particulièrement favorable pour devenir investisseur en revenu fixe, « bien plus qu’avant la pandémie, lorsque les rendements étaient très faibles ».  

À plus long terme, l’expert s’inquiète de l’explosion du déficit budgétaire des États-Unis. 

« En cas de récession, le Congrès va sûrement voter pour des mesures de relance qui feront encore gonfler le déficit. C’est ce qu’ils ont fait pour la COVID-19. Ce ne sera probablement pas bon pour les obligations. Dans tous les cas, c’est un phénomène à surveiller, peu importe qui remporte l’élection présidentielle », prévient Jeff Mayberry.

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.

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Nicolas Ritoux

Nicolas Ritoux est journaliste indépendant. Il collabore à Conseiller.ca depuis 2009.