Des CLO pour plus de qualité et moins de risque 

Par Nicolas Ritoux | 20 May 2025 | Last updated on 15 May 2025
3 min read
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Les obligations structurées adossées à des prêts (collateralized Loan Obligation ou CLO) constituent une source de rendement attrayante, avec un risque de taux d’intérêt très limité, mais à condition de bien les choisir, précise Aaron Young, directeur général et chef de la gestion des portefeuilles de clients à Gestion d’actifs CIBC.

« Le contexte macroéconomique actuel est favorable aux CLO. Leurs valorisations ont été réajustées de façon saine, comme celles de nombreux autres actifs liés au crédit. Les écarts de rendement ne sont plus aussi resserrés qu’auparavant, ce qui redonne toute leur pertinence aux CLO comme complément aux placements à revenu fixe. En termes de rapport risque/rendement, leurs rendements sont intéressants, d’autant plus qu’ils ne présentent presque aucun risque lié aux taux d’intérêt ni aux échéances », explique Aaron Young.

Cet aspect est particulièrement désirable dans le contexte actuel d’incertitude liée aux échanges commerciaux et à la fiabilité à long terme des bons du Trésor américain, croit l’expert. Quoique décide la Réserve fédérale américaine, quelle que soit l’inflation, et peu importe si les États-Unis sombrent en récession, les CLO offrent un revenu à taux variable qui s’ajuste chaque trimestre.

Même si les emprunts des sociétés ralentissent sous les menaces de tarifs douaniers américains, et que les nouvelles émissions se font rares en conséquence, le marché secondaire restera actif et attrayant.

« C’est un marché très vaste et diversifié qui offre suffisamment de liquidité pour y dénicher de belles opportunités », assure Aaron Young.

« Beaucoup d’investisseurs associent les CLO à des produits dérivés exotiques, voire aux fameuses obligations adossées à des prêts hypothécaires qui ont précipité la grande crise financière de 2008-2009. Pourtant, il s’agit de véhicules financiers distincts, évoluant dans un marché mature et bien structuré. D’ailleurs, les trois quarts des CLO sont notés AAA et ils sont majoritairement détenus par certaines des institutions les plus importantes et les plus fortement réglementées au monde », précise-t-il.

Beaucoup de CLO sont ainsi utilisés par des banques ou des assureurs pour générer du rendement sans trop s’exposer au risque de crédit, en réponse à des exigences réglementaires. Des fonds de pension s’en servent aussi pour placer du capital sans s’exposer au niveau de risque associé au haut rendement et au crédit privé. 

« Que l’on soit une institution ou un investisseur individuel, c’est une source de revenus de haute qualité avec une exposition minimale au risque », résume Aaron Young.

L’absence de risque de taux d’intérêt est particulièrement appréciable, note-t-il, car il est toujours difficile de prédire la direction que prendront les banques centrales. Les CLO permettent de réduire cette incertitude en complément d’autres actifs à revenu fixe. 

Historiquement, les CLO étaient principalement réservés aux investisseurs institutionnels. Ce n’est que récemment que les investisseurs particuliers y ont eu accès. Mais avant de leur en faire profiter, les conseillers doivent évaluer attentivement trois éléments clés :

  1. leur composition (prêts directs ou syndiqués),
  2. leur gestionnaire (expérience, solidité, antécédents)
  3. et leur structure (notamment la manière dont sont collatérisées les différentes tranches).

Cet article fait partie du programme Gestionnaires en direct, commandité par Gestion d’actifs CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.

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Nicolas Ritoux

Nicolas Ritoux est journaliste indépendant. Il collabore à Conseiller.ca depuis 2009.