Des fonds négociés en Bourse pour tous les styles

Par Nicolas Ritoux | 1 October 2024 | Last updated on 12 November 2024
3 min read
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Sean Anthony Eddy / iStock

Il y en a vraiment pour tous les goûts sur le marché canadien, affirme David Stephenson, directeur, stratégies de FNB à Gestion d’actifs CIBC. 

Il souligne tout d’abord la popularité des fonds négociés en Bourse (FNB) en général, qui continuent d’attirer l’épargne des Canadiens, atteignant 45 milliards de dollars (G$) pour 2024 à la mi-septembre, dont 15 G$ en revenu fixe. Actuellement, l’actif total sous gestion des FNB à revenu fixe s’élève à 137 G$, soit 30 % de l’ensemble des FNB. 

Reste à choisir entre les FNB indiciels, qui se contentent de suivre passivement un groupe cible d’actifs, ou les FNB à gestion active, qui impliquent une sélection de titres effectuée par un professionnel. 

« Tout dépend de ce que l’épargnant attend de ces produits. Veut-il préserver son capital ? Recherche-t-il de hauts rendements ? Ou désire-t-il simplement diversifier ses placements par rapport aux actions ? », interroge David Stephenson.

Une fois cet objectif décidé, on n’a que l’embarras du choix puisqu’il existe plus de 400 FNB à revenu fixe au Canada, dont 140 indiciels et 237 à gestion active. 

Selon l’expert, les FNB indiciels donnent accès à faible coût à des marchés spécifiques, permettant ainsi de diversifier son portefeuille de manière personnalisée ou de se protéger contre certains risques. Par exemple, un FNB d’obligations gouvernementales peut contrebalancer le risque d’un placement en actions ; un FNB à échéance courte peut réduire l’échéance globale du portefeuille ; un FNB à échéance cible peut aider à financer un projet à une date précise ; ou encore, un FNB de marchés émergents peut apporter un rendement supplémentaire.

Les FNB à gestion active, en revanche, permettent de saisir les nombreuses possibilités offertes par le marché mondial du revenu fixe. « Les gestionnaires ont plusieurs leviers à leur disposition pour ajouter de la valeur et réduire le risque à des moments opportuns », précise David Stephenson.

Il se dit très optimiste pour l’avenir des FNB canadiens à revenu fixe, pour trois raisons.

D’abord, la recherche de rendement demeure une tendance lourde au sein du public. Les rendements se maintiennent à des niveaux jamais vus depuis 2008, et devraient demeurer attractifs malgré la baisse progressive des taux directeurs des banques centrales. « Les obligations retrouvent leur rôle traditionnel de diversification face à des placements plus risqués, et elles permettent de s’exposer à une variété d’activités économiques », explique David Stephenson.

Ensuite, les investisseurs recourent de plus en plus aux FNB à revenu fixe à mesure que le choix de produits s’élargit et que les canaux de distribution numériques gagent en popularité. 

Enfin, l’innovation attire les liquidités des épargnants et notamment dans la portion à gestion active du marché. Par exemple, l’an dernier, de nouveaux FNB à revenu fixe ont été lancés. Ces derniers intègrent une stratégie d’options d’achat couvertes pour optimiser le rendement. Les fonds d’obligations à échéance cible se sont aussi multipliés, offrant à la fois la précision d’une échéance obligataire et la diversification d’un FNB. 

L’expert mentionne cependant certains risques à surveiller en 2025. La Réserve fédérale américaine et la Banque du Canada (BdC) devraient poursuivre leurs baisses de taux. Selon les estimations de la CIBC, la BdC devrait diminuer ses taux de 200 points de base pour la mi-2025. De plus, l’immobilier représente un facteur de risque, puisque 60 % des prêts hypothécaires à taux fixe seront renouvelés dans les trois prochaines années, entraînant des augmentations de paiement de 20 à 60 %. Enfin, il faut également tenir compte des tensions géopolitiques qui perturbent l’économie mondiale.

« L’important pour les investisseurs est de rester bien diversifiés et de rester concentrés sur leur plan d’allocation des actifs à long terme. Cela reste la meilleure façon d’atteindre leurs objectifs. »

Cet article fait partie du programme Gestionnaires en direct, commandité par Gestion d’actifs CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.

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Nicolas Ritoux

Nicolas Ritoux est journaliste indépendant. Il collabore à Conseiller.ca depuis 2009.