Diversification : le maître-mot pour les FNB en 2026

Par La rédaction | 20 January 2026 | Last updated on 20 January 2026
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En 2026, bâtir des portefeuilles résilients s’annonce plus complexe que jamais dans un climat de valorisations élevées et d’incertitudes géopolitiques.

Dans l’univers des fonds négociés en Bourse (FNB), le marché devrait effectuer plusieurs pivots stratégiques favorables aux investisseurs capables de miser sur la diversification et la gestion active, selon un rapport de CI sur les stratégies de FNB 2026, fondé sur les analyses d’institutions financières canadiennes.

Le rapport préconise une approche prudente, mais opportuniste, reposant sur trois piliers : la diversification accrue, la qualité des titres et l’intégration d’actifs refuges comme l’or, combinés à des stratégies actives.

La diversification, par styles, régions et catégories d’actifs, constitue la pierre angulaire de la stratégie FNB de CI en 2026. La gestion active est aussi privilégiée dans des segments comme l’intelligence artificielle (IA), les marchés émergents et les obligations.

Les FNB axés sur la valeur, tant aux États-Unis qu’à l’international et au Canada, sont perçus comme des compléments essentiels aux portefeuilles surpondérés en croissance. Les experts soulignent également l’importance d’une diversification géographique accrue afin de réduire la concentration excessive sur le marché américain.

Les perspectives économiques mondiales demeurent positives, mais inégales. Les États-Unis devraient conserver une dynamique économique solide, tandis que l’Europe entrerait dans une phase de relance soutenue par les dépenses d’infrastructure. Les marchés émergents, pour leur part, pourraient bénéficier de la faiblesse anticipée du dollar américain.

Plusieurs indicateurs, dont les ratios cours/ventes et l’indicateur Buffett, témoignent toutefois d’une surévaluation des marchés, particulièrement dans les grandes capitalisations technologiques américaines, observent les experts. Dans ce contexte, les stratégies axées sur la discipline de valorisation, les flux de trésorerie et la solidité financière gagnent en attrait.

Du côté canadien, Morley Conn, directeur des services des FNB et produits hybrides en actions à la Banque Scotia, estime que le marché boursier canadien demeure attrayant comparativement au S&P 500, grâce à des valorisations plus raisonnables et à un potentiel de croissance des bénéfices et des dividendes soutenu par les politiques budgétaires et les projets d’infrastructure. Il se montre particulièrement optimiste à l’égard des services financiers canadiens et privilégie le crédit de qualité par rapport aux obligations d’État, estimant que la solidité des bilans corporatifs devrait soutenir les écarts de crédit à court terme.

Roger Chandhok, directeur des ventes institutionnelles, FNB, PT et opérations électroniques et dérivés d’actions cotées à la Financière Banque Nationale, met quant à lui l’accent sur la qualité et la résilience des entreprises américaines. Selon lui, la solidité des bénéfices et les surprises positives continuent de soutenir les multiples grâce à des stratégies axées sur la croissance durable des dividendes et la solidité des bilans.

De son côté, Valerie Grimba, directrice des ventes et de la stratégie de FNB institutionnels à RBC Marchés des Capitaux, observe un intérêt pour les marchés hors États-Unis. Les investisseurs pourraient rechercher des occasions plus équilibrées ailleurs. L’Europe et le Japon se démarquent, selon l’analyste, car ils sont soutenus par des politiques budgétaires favorables, des valorisations attrayantes et une amélioration de la gouvernance d’entreprise.

Les experts s’attendent par ailleurs à une poursuite de l’assouplissement monétaire en 2026. La Réserve fédérale américaine pourrait ramener ses taux vers 3 %, ce qui soutiendra les actifs risqués.

Casey Yang, vice-présidente des ventes et de la stratégie de FNB de Valeurs mobilières TD, prévoit même un assouplissement monétaire plus important que prévu, ce qui l’incite à privilégier des stratégies alternatives de croissance visant des rendements absolus, mieux adaptées à un environnement marqué par la volatilité. Elle insiste également sur l’importance de couvrir l’exposition au dollar américain.

Parmi les recommandations pour 2026, l’or occupe une place centrale. CI souligne la forte progression du prix du métal jaune, soutenuenotamment par des achats des banques centrales, en particulier dans les marchés émergents.

Dans un environnement d’incertitude accrue, Roy Dimitrov, vice-président des ventes et négociation de FNB deBMO Marchés des capitaux, considère l’or comme un pilier stratégique en 2026. Selon lui, les stratégies FNB pourraient inclure à la fois l’exposition directe au lingot et les actions aurifères, en raison de leur potentiel de rendement amplifié.

Après plusieurs années de sous-performance, les marchés émergents représentent une source de diversification et de croissance à long terme. Ils bénéficient de la baisse du dollar américain, de politiques monétaires assouplies et de l’amélioration de la gouvernance dans certains pays. Les stratégies alpha dans cette catégorie permettent d’y capter les occasions tout en contrôlant la volatilité, signalent les experts.

Le secteur de l’intelligence artificielle (IA) continue également de susciter l’intérêt. La croissance des revenus et bénéfices soutient cet attrait, en particulier via des stratégies qui consistent à repérer les entreprises parvenant à monétiser concrètement l’IA, malgré des valorisations élevées.

Parallèlement, les infrastructures mondiales s’imposent comme une solution de croissance défensive. Le secteur énergétique devrait notamment profiter de la hausse de la demande en électricité liée à l’IA et aux centres de données.

Jennifer Li, directrice des ventes institutionnelles de FNB à Marchés des capitaux CIBC, recommande ainsi d’augmenter l’exposition aux secteurs cycliques liés aux dépenses en capital et aux infrastructures, notamment l’industrie et les technologies de l’information.

Du côté des obligations, le rapport appelle à la prudence. Les écarts de crédit demeurent serrés et la courbe de rendement pourrait évoluer de façon inégale en 2026. Dans ce contexte, la gestion active du revenu fixe s’avère essentielle pour équilibrer rendement, duration et risque de crédit.

À court terme, les obligations de sociétés de qualité supérieure continuent d’offrir des rendements attrayants. Toutefois, un élargissement des écarts en deuxième moitié d’année pourrait inciter les investisseurs à adopter une approche plus défensive, avec une exposition accrue aux obligations gouvernementales.

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La rédaction