Le nombre de FNB continue de grimper en flèche

Par Noushin Ziafati | 20 January 2026 | Last updated on 20 January 2026
5 min read
Flèche en néon rouge rebondissant vers le haut
Photo : PeskyMonkey / iStock

Chaque mois, les investisseurs injectent plus d’argent dans les fonds négociés en Bourse (FNB), et les fournisseurs multiplient les lancements de produits.

En octobre 2025, les FNB domiciliés au Canada avaient accumulé plus de 650 milliards de dollars en actifs. Et ils se multiplient à un rythme soutenu : en moyenne, 1,4 FNB est lancé chaque jour ouvrable au pays, selon un rapport publié en septembre par Valeurs mobilières TD.

Pourquoi les investisseurs sont-ils autant séduits par les FNB, au point de souvent les préférer aux fonds communs de placement ? Et surtout, cette croissance fulgurante est-elle appelée à durer ?

Ces dernières années, les investisseurs canadiens ont dirigé une part croissante de leurs placements vers les FNB plutôt que vers les fonds communs. L’an dernier a d’ailleurs marqué une troisième année consécutive où les FNB ont surpassé les fonds communs en matière de ventes — et ils semblent en bonne voie de réitérer la performance en 2025.

« L’industrie des fonds communs reste quatre fois plus importante que celle des FNB en termes d’actifs, rappelle Ian Bragg, vice-président, recherche et statistiques à l’Association des marchés de valeurs et des investissements (AMVI), à Toronto. Si l’on examine la croissance des actifs, résultat combiné des ventes et de l’effet du marché, les fonds communs ont tout de même doublé au cours de la dernière décennie, ce qui est remarquable. Mais les FNB, eux, ont presque été multipliés par six. Il ne fait aucun doute qu’une tendance de fond est en train de s’installer. »

Plusieurs facteurs expliquent cet engouement, au premier chef leurs coûts généralement plus faibles que ceux des fonds communs.

Selon un rapport de Morningstar publié en mai sur les FNB canadiens, les FNB affichent en moyenne des frais de gestion inférieurs à ceux des fonds communs, toutes catégories d’actifs et stratégies confondues, actives ou passives, ce qui se traduit par de meilleurs rendements pour les investisseurs.

Morningstar souligne que le FNB moyen facture seulement 0,66 % par année, soit environ le tiers des frais annuels d’une série de fonds communs à commissions intégrées, lesquelles représentent plus de la moitié des actifs des fonds communs de détail. De leur côté, les FNB actifs facturent en moyenne des frais de 0,82 %, soit près de la moitié du coût d’un fonds commun actif comparable.

La flexibilité qu’offrent les FNB plaît également aux conseillers et aux investisseurs, selon Cindy Boury, gestionnaire de portefeuille principale et directrice de succursale chez Cindy Boury Private Wealth Management, Raymond James, à Abbotsford (C.-B.).

Cette flexibilité leur permet d’effectuer des achats et des ventes en Bourse tout au long de la journée, souligne-t-elle, tout en précisant qu’un certain degré de sophistication est requis pour ce type d’opérations.

La transparence accrue des frais constitue un autre avantage, les FNB comportant moins de commissions intégrées que les fonds communs.

Cette tendance a entraîné une adoption accrue des FNB parmi les firmes de conseil qui ont abandonné les modèles de rémunération à commissions intégrées, indique Dan Hallett, vice-président, recherche et associé chez HighView Financial Group, à Oakville (Ont.).

Ian Bragg évoque aussi la transition vers les modèles de rémunération à honoraires.

« Avec cette évolution, on observe une plus grande allocation aux FNB par rapport aux fonds communs, parce que lorsque les conseillers passent à un modèle à honoraires, ils deviennent plus neutres sur le plan du produit », déclare-t-il.

Les investisseurs autonomes alimentent aussi la croissance des FNB, ajoute Dan Hallett.

« En grande partie, ce sont les firmes de conseil qui stimulent cette croissance, précise-t-il. Mais il est certain qu’une part importante provient maintenant des investisseurs individuels, plus qu’au cours des 15 ou 20 premières années de croissance des FNB. »

De plus, les FNB sont généralement plus efficients sur le plan fiscal que les fonds communs, même si cela dépend de la stratégie choisie.

UNE CROISSANCE QUI DEVRAIT SE POURSUIVRE

Cindy Boury, Dan Hallett et Ian Bragg prévoient tous que les FNB continueront d’afficher une trajectoire ascendante, tant en termes d’actifs que de lancements, au point peut-être de dépasser l’industrie des fonds communs.

« Les actifs des fonds communs continueront certainement de croître, en raison d’un mélange de ventes et d’effet du marché, avance Ian Bragg. Mais je m’attends à ce que les ventes de FNB demeurent solides par rapport à celles des fonds communs à court terme, surtout si les pressions économiques persistent. »

Concernant les nouveaux FNB, Dan Hallett estime qu’« il reste probablement beaucoup de place pour de nouvelles stratégies ou de nouveaux produits. »

En 2025, alors que l’engouement pour les FNB se poursuit, les gestionnaires d’actifs ont cherché à tirer parti de cette dynamique en lançant une panoplie de nouveaux produits pour attirer conseillers et investisseurs :

  • FNB à action unique,
  • FNB donnant accès aux obligations de prêts bancaires,
  • FNB offrant une exposition au Solana au comptant,
  • FNB à levier accru,
  • FNB à stratégie de vente d’options couvertes
  • et plus encore.

Ce n’est pas toujours positif.

« Ils reprennent aussi les mauvaises habitudes de l’industrie des fonds communs des années 1990 et 2000, souligne Dan Hallett. Par là, j’entends qu’ils lancent une foule de produits “gadget” qui n’apportent pas grand-chose aux épargnants. Quand un segment devient très populaire, plusieurs firmes mettent de côté les produits réellement utiles pour proposer uniquement ce qui se vendra. »

On compte maintenant plus de 1 700 FNB au Canada, comparativement à quelque 3 400 fonds communs.

Pour Ian Bragg, l’augmentation du nombre de FNB est « toujours une bonne chose », car elle signifie davantage de choix pour les investisseurs.

« Certes, il y aura un chevauchement entre différentes stratégies. Mais cela donne aux investisseurs un éventail de choix selon les frais, la performance, la liquidité et le profil de risque », résume-t-il.

Avec cette multiplication de produits, Cindy Boury rappelle l’importance pour les conseillers et leurs firmes d’effectuer « un niveau élevé de diligence raisonnable » afin de s’assurer qu’un produit convient au portefeuille du client. Cela implique de faire leurs propres recherches, de rencontrer les gestionnaires d’actifs et de participer à des conférences sectorielles.

« Il faut investir du temps pour concevoir quelque chose que l’on juge adapté à son client. »

Abonnez-vous à nos infolettres

Noushin Ziafati

Noushin Ziafati est rédactrice en chef adjointe de Advisor.ca depuis 2024. Auparavant, elle a travaillé pour la CBC, La Presse Canadienne, CTV News, Telegraph-Journal et Chronicle Herald.