Il fait bon investir dans le revenu fixe

Par Nicolas Ritoux | 4 June 2024 | Last updated on 10 June 2024
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Chaud soleil d'hiver faisant fondre la neige sur un arbuste en premier plan.
sykkel / iStock

L’environnement actuel offre un éventail de possibilités pour la portion à revenu fixe des portefeuilles des investisseurs, explique Aaron Young, vice-président, revenu fixe mondial, Gestion d’actifs CIBC.

« Tout le monde surveille de près les annonces de la Banque du Canada, qui pourrait bien commencer à baisser son taux directeur au vu des récentes données encourageantes sur l’inflation. Si elle ne fait rien, alors la courbe de rendement va rester inversée encore un moment, avec des rendements élevés à court terme et moindres à long terme. La situation est différente aux États-Unis où l’on s’attend à voir la Réserve fédérale (Fed) baisser ses taux d’ici à la fin de l’année, mais avec moins d’empressement étant donné la vigueur persistante de l’économie », observe Aaron Young.

Baisse de taux ou pas, l’expert se dit « enthousiasmé par les niveaux de rendement actuellement disponibles, que l’on n’avait pas connu depuis très longtemps », et estime que le travail des conseillers est facilité par la situation. Il pointe en particulier ce qu’il appelle des « opportunités à l’envers », c’est-à-dire qui n’auraient pas lieu d’être dans un marché efficient, mais que l’on voit pourtant apparaître un peu partout.

« Par exemple, la courbe de rendement inversée permet d’obtenir une belle performance sans prendre trop de risque. Je peux obtenir 4 à 4,5 % sur une obligation du gouvernement. Techniquement, cela ne devrait pas être possible ; je devrais être payé davantage si je m’engage sur 30 ans que si j’achète un titre à trois mois ou à un an d’échéance. Mais ce n’est pas le cas actuellement », note Aaron Young.

 « Le fait que nous pouvons conserver une bonne partie des portefeuilles dans le court terme nous donne beaucoup de poudre sèche, ou de capital prêt à l’emploi lorsque d’autres zones du marché deviennent attractives », poursuit-il.  

Il apprécie également les titres adossés à des créances hypothécaires d’agences, qui sont garantis par le gouvernement américain. « Les gens pourraient être surpris d’apprendre que la taille de cette catégorie d’actifs éclipse à elle seule l’entièreté du marché obligataire canadien. Même si l’on préfère le marché canadien, il faut reconnaître qu’on trouve davantage de liquidités à l’extérieur. En outre ces titres offrent un meilleur rendement », explique Aaron Young.

Il pointe aussi vers les obligations à long terme du gouvernement américain, plus abordables que les obligations canadiennes qui sont « parmi les plus dispendieuses du monde développé », et les titres de sociétés telles que les « banques systémiques » du monde.

« Ce sont des banques immenses, bien réglementées, qui se sont désendettées à la suite de la crise financière, et qui offrent désormais de bons rendements compétitifs par rapport à ceux que l’on trouve au Canada », précise l’expert.

Il met en garde contre l’attrait apparent de la dette privée, qui est en grande partie à taux variable. « Cette catégorie a bien performé en 2021-22 quand les taux augmentaient, mais les investisseurs doivent garder à l’esprit que les sociétés sous-jacentes subissent désormais un coût de financement beaucoup plus élevé, et pourraient connaître des difficultés en conséquence. Il est important de choisir des émetteurs et des gestionnaires qui ont fait preuve de résilience au travers des cycles, incluant ceux de la crise financière et de la pandémie. C’est le genre d’expérience qui paie des dividendes dans le contexte actuel », dit Aaron Young.

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.

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Nicolas Ritoux

Nicolas Ritoux est journaliste indépendant. Il collabore à Conseiller.ca depuis 2009.