Investissement : trois risques sous-estimés par les investisseurs

Par La rédaction | 27 June 2024 | Last updated on 26 June 2024
4 min read
Une main montrant trois doigts.
bloodua / iStock

Actuellement, trois risques majeurs semblent être largement sous-estimés par la communauté des investisseurs. Cela induit des risques qui pourraient perturber de nombreux portefeuilles dans les douze mois à venir, estime le gestionnaire de portefeuille Martin Pelletier.

Dans une chronique publiée dans le Financial Post, le co-fondateur de TriVest Wealth Counsel, une société de gestion privée et institutionnelle basée à Calgary, rappelle aux investisseurs que la vigilance est de mise et qu’il n’est jamais trop tard pour ajuster son portefeuille quand la croissance ralentit.

LE RISQUE POLITIQUE

Selon Martin Pelletier, certaines politiques du gouvernement de Justin Trudeau entraînent un risque pour les investisseurs. Au lieu de s’attaquer aux problèmes urgents comme la crise de l’accessibilité financière et la détérioration de l’économie, le gouvernement prend des mesures qui semblent aggraver la situation, soutient le gestionnaire de portefeuille.

Cette gestion a entraîné une chute significative de l’investissement direct étranger, avec une baisse de 3,4 milliards de dollars (G$) rien que dans les trois premiers mois de cette année, selon les données publiées par Statistique Canada en mai.

Les modifications apportées à l’impôt sur les gains en capitaux dans le récent budget fédéral affecteront près de 20 % des Canadiens dans la prochaine décennie, estiment six grands groupes d’entreprises. Cette décision a entraîné un bond des investissements directs canadiens à l’étranger à 32,6 G$ au premier trimestre, souligne Martin Pelletier.

Quant au dollar canadien, il continue de souffrir d’un environnement économique en contraction. Le gestionnaire de portefeuille est d’avis qu’avec l’écart qui se creuse avec le dollar américain, le Canada n’aura d’autres choix que de réduire rapidement les taux d’intérêt, ce qui n’augure « rien de bon pour le huard ».

Face à ce constat, TriVest a augmenté ses actifs libellés en dollars américains en plus de les surpondérer.

LE RISQUE DE SURABONDANCE D’OBLIGATIONS

Ces dernières années, les investisseurs se sont tournés vers les obligations, attirés par la perspective de bénéficier de la baisse des taux d’intérêt. Depuis février 2023, les obligations d’État européennes et globales ont vu une augmentation massive de leurs entrées, atteignant récemment 17,8 G$.

Cependant, cette stratégie pourrait s’avérer être un piège classique de la valeur, prévient Martin Pelletier. La plupart des gains dans un portefeuille diversifié entre actions et obligations ont été réalisés par les actions, les obligations ne contribuant que modestement.

Il anticipe que les taux d’intérêt baisseront plus rapidement à l’extérieur des États-Unis, en particulier au Canada et dans l’Union européenne. Ces régions, faute d’une monnaie de réserve mondiale, doivent ajuster plus agressivement leur politique monétaire pour gérer leurs déficits. Cela pourrait poser un risque pour les investisseurs, puisque les rendements des obligations pourraient ne pas être aussi attrayants.

Par ailleurs, aux États-Unis, malgré la baisse générale des taux, la forte émission de titres du Trésor et l’inflation pourraient maintenir les taux à un niveau relativement élevé, ce qui affecterait négativement les détenteurs d’obligations à long terme. Une situation qui crée un risque de duration, où la valeur de l’obligation est sensible aux changements de taux d’intérêt, explique Martin Pelletier.

Pour contrer ces risques, il recommande des obligations structurées avec des caractéristiques de protection du capital et des taux de rendement attrayants. C’est la stratégie adoptée par TriVest, qui offre dorénavant une obligation structurée à revenu fixe avec une protection totale du capital, libellée en dollars américains. Elle verse un coupon de 8,37 % si les taux d’intérêt tombent en dessous de leur niveau actuel.

RISQUE DE CONCENTRATION DU MARCHÉ

Le marché des actions montre une concentration alarmante, croit Martin Pelletier. Les dix premières valeurs de l’indice S&P 500 ont une capitalisation boursière de 15,09 billions de dollars, ce qui représente environ 34 % de cet indice, une concentration qui n’a pas été vue depuis 1963.

Pour protéger les investisseurs, TriVest s’est tourné vers le marché des options. Plusieurs sociétés, dont BMO Global Asset Management, offrent des fonds négociés en Bourse tamponnés qui permettent de rester à l’affût du marché, mais comportent une protection intégrée contre les baisses.

Si certains segments du marché canadien présentent un intérêt, TriVest préfère y investir en dollars américains lorsque c’est possible.

Abonnez-vous à nos infolettres

La rédaction