La baisse des taux profite aux secteurs « à rendement »

Par Nicolas Ritoux | 20 August 2024 | Last updated on 19 August 2024
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Homme d’affaires tenant une tablette avec des graphiques financiers. Planification, défis et stratégie d’affaires.
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Les actions des services financiers, de l’immobilier locatif et des services de communication bénéficient des baisses de taux successives de la Banque du Canada, croit Crystal Maloney, chef de la recherche sur les actions à Gestion d’actifs CIBC.

« Les chiffres encourageants de l’inflation ont déjà permis deux baisses de taux et on peut s’attendre à d’autres baisses pour atteindre 4 % en fin d’année, avec des effets positifs sur le coût des emprunts, la confiance des consommateurs, et le marché immobilier », entrevoit Crystal Maloney.

L’experte constate que seule la moitié des emprunteurs hypothécaires ont vu leurs versements mensuels s’ajuster à la suite des hausses de taux entamées en 2022, tandis que l’autre moitié est encore confrontée à ce choc. La plus forte hausse doit frapper les hypothèques à taux fixe en 2026, avec une augmentation potentielle de plus de 20 %, sauf si la Banque du Canada réduit davantage son taux directeur d’ici là, ce qui semble peu probable.

« L’économie avait bien commencé l’année avec 1,7 % de hausse au premier trimestre, et notre équipe prévoit une croissance du PIB de 1,8 % dans les douze prochains mois, ce qui va rendre difficile de nouvelles baisses de taux sous les 4 % durant 2025, surtout si l’inflation demeure élevée », précise Crystal Maloney. 

Si on se fie aux précédents historiques, le cycle de baisses de taux de la Banque du Canada aura un effet positif sur les secteurs « à rendement », avance-t-elle.  

Ainsi, dans le secteur des services financiers, des taux plus bas pourraient encourager davantage d’emprunteurs. Dans l’immobilier locatif, ils pourraient permettre de réduire les loyers et stimuler la demande. Enfin, dans les services de communication, ils contribueraient à alléger les coûts de financement des investissements en capital. 

L’experte passe en revue les titres à surveiller dans ces trois secteurs.  

« Les actions des banques canadiennes subissent un certain pessimisme qui rend leurs prix attractifs. C’est notamment le cas de la Banque Scotia, qui profitera le plus des baisses de taux, car elle pourra ainsi réduire ses coûts de financement », affirme Crystal Maloney.  

« Dans l’immobilier, nous apprécions le FPI Granite qui s’approche du point d’inflexion dans ses taux d’occupation aux États-Unis », poursuit-elle. 

« Enfin, dans le secteur des communications, notre préférence va à Québécor. Depuis l’acquisition de Freedom Mobile avec le soutien des régulateurs, l’entreprise bien positionnée pour gagner des parts de marché. Son action semble actuellement sous-évaluée. »

À l’opposé en termes de performance, on retrouve des secteurs comme l’énergie et les matériaux, qui ont tendance à sous-performer au cours des 12 mois suivant une baisse de taux. Cependant, si l’inflation s’avère plus persistante que prévu et que la Banque du Canada ne peut pas réduire davantage ses taux, ces secteurs pourraient offrir une bonne protection pour les portefeuilles.

« Dans l’ensemble, nous jugeons le marché des actions canadien attrayant. Après deux ans de sous-performance relative, il offre de nombreuses aubaines à la veille d’une période de reprise économique. Sur un horizon de dix ans, nous prévoyons un rendement annualisé de 6,7 % », rapporte Crystal Maloney.

 Elle croit que le Canada présente un profil unique parmi les économies développées.  

« Nous affichons de meilleures tendances démographiques et une plus grande pénurie de logements, ce qui implique des vents porteurs à l’avenir pour la construction résidentielle et les emprunts hypothécaires. »

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.

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Nicolas Ritoux

Nicolas Ritoux est journaliste indépendant. Il collabore à Conseiller.ca depuis 2009.