L’accès des investisseurs à des produits risqués devient une priorité

Par James Langton | 18 February 2026 | Last updated on 17 February 2026
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Un homme munit d'une loupe qui surgit de derrière un panneau attention.
zhuweiyi49 / iStock

L’accès des investisseurs de détail à des produits de placement nouveaux, mais complexes et risqués, devient une priorité croissante pour les autorités de réglementation des marchés financiers à l’échelle mondiale.

Dans un document présentant son programme de travail pour l’année à venir, l’Organisation internationale des commissions de valeurs (OICV) identifie la multiplication de nouveaux produits, notamment les véhicules de placement en crédit privé, les fonds d’actifs cryptographiques et les produits dérivés, comme un enjeu émergent pour les autorités de réglementation.

Si ces produits innovants peuvent offrir davantage de choix aux investisseurs, « leur complexité intrinsèque et les modes de distribution auprès des investisseurs peuvent également introduire de nouveaux risques », note l’OICV.

En réponse, l’organisation indique qu’elle entend analyser cette tendance, « qui présente à la fois des opportunités et des risques », dans le cadre de ses travaux continus visant à renforcer la protection des investisseurs de détail.

L’an dernier, l’OICV a d’ailleurs lancé une initiative stratégique axée sur la protection des investisseurs en ligne, dans un contexte de croissance du courtage numérique et des médias sociaux, qui a accru l’exposition des investisseurs à la fraude, augmenté les risques de placement et favorisé la désinformation.

Cette année, l’OICV prévoit de poursuivre sa collaboration avec les principaux points d’accès en ligne, notamment les plateformes de médias sociaux, les moteurs de recherche et les fournisseurs d’accès à Internet, « afin de promouvoir la restriction et la surveillance des contenus préjudiciables ou frauduleux », indique le document.

Parallèlement à ses travaux sur la protection des investisseurs de détail, l’organisation mène également plusieurs projets liés au fonctionnement et à la résilience des marchés financiers, notamment des examens de ses principes relatifs à l’évaluation des fonds d’investissement, aux obligations d’information sur les marchés secondaires et aux principes encadrant les dérivés de matières premières.

Dans ce domaine, elle prévoit plusieurs nouvelles initiatives pour 2026, dont des travaux sur la fragmentation des déclarations relatives aux dérivés de gré à gré, la liquidité des marchés, l’allongement des heures de négociation des actions, ainsi que des travaux de suivi sur l’effet de levier et la disponibilité des données dans le secteur bancaire parallèle.

Du côté des cryptoactifs, l’OICV prévoit également finaliser une méthodologie formelle de supervision des cryptoactifs et des actifs numériques, et lancer des examens thématiques réguliers dans ce domaine.

Elle entend aussi élaborer des lignes directrices à l’intention des entreprises concernant les obligations d’information et la gouvernance liées à l’utilisation croissante de l’intelligence artificielle dans le secteur financier, ainsi qu’un « outil de supervision » consacré à l’IA.

Enfin, l’OICV prévoit de se pencher sur les enjeux découlant du recul continu des émissions de titres de dette et d’actions sur les marchés publics, conjugué à la croissance des marchés privés et à la fragmentation accrue des activités de négociation.

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James Langton

James Langton est journaliste pour Advisor.ca et Investment Executive. Depuis 1994, il fait des reportages sur la réglementation, le droit des valeurs mobilières, l’actualité de l’industrie et plus encore.