Les critères ESG vont finir par payer

Par Nicolas Ritoux | 26 November 2024 | Last updated on 25 November 2024
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Objectif environnemental de l’entreprise verte, stratégies de développement des entreprises avec conservation de l’environnement. Communauté verte.Nouvelle entreprise verte.
Khanchit Khirisutchalual / iStock

L’encadrement des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) se clarifie pour le grand bien des investisseurs, explique Aaron White, vice-président, investissement durable, Gestion d’actifs CIBC.

« Les entreprises se montrent plus transparentes que jamais en matière de gestion des risques et opportunités ESG, et les gestionnaires de portefeuille incorporent ces considérations dans leurs projections. Les investisseurs reconnaissent aujourd’hui l’importance de prendre en compte certains risques systémiques et non financiers à long terme », observe Aaron White.

L’expert entrevoit trois principales tendances ESG pour 2025.

D’abord, il est probable que les exigences des gouvernements et des organismes réglementaires concernant la divulgation ESG par les entreprises se normalisent progressivement, certainement sur la base des lignes directrices S1 et S2 de l’International Sustainability Standards Board, et de celles du Conseil canadien des normes d’information sur la durabilité.

Au Canada, le projet de loi C-59 voté au mois de juin va forcer les entreprises à étayer leurs affirmations ESG grâce à la « disposition d’inversion du fardeau ». Il reste à déterminer la manière dont ces règles seront mises en œuvre concrètement, afin d’éviter les amendes sévères prévues.

Dix ans après les accords historiques de Paris, le Brésil accueillera la conférence COP30, où les pays participants seront invités à mettre à jour leur contribution déterminée au niveau national, dans un contexte où le monde prend du retard sur l’objectif de carboneutralité en 2050 et de réduction du réchauffement sous la barre des 2 degrés.  

En revanche, la nouvelle administration Trump pourrait revenir sur certaines règles en matière de réduction des émissions, reléguer le changement climatique au second plan, et même se retirer à nouveau de l’accord de Paris. Les sources d’énergie traditionnelles comme le charbon et le pétrole reprendront le pas sur l’énergie renouvelable, ce qui pourrait ralentir les investissements dans la transition énergétique. Le nucléaire devrait recevoir un regain d’attention, de même que la mise à jour des réseaux électriques.

Pourtant, l’expert voit dans la déréglementation américaine un développement positif pour les critères ESG au sens large.

« Les investisseurs dépendront moins de la législation pour s’assurer que les entreprises maîtrisent leurs risques adéquatement. C’est donc à ces dernières que reviendra l’initiative de mettre en place les contrôles internes nécessaires », soutient Aaron White.

L’expert place des espoirs dans le développement du marché de l’élimination du dioxyde de carbone qui se développe tant au niveau des technologies que des infrastructures.  

« C’est plutôt encourageant, car cela aidera les entreprises à atteindre leurs objectifs ambitieux de décarbonisation », note-t-il.

Si les critères ESG ont parfois mauvaise presse, il croit que cela provient d’une confusion sur leur rôle réel au sein des entreprises, qui a détourné l’attention du public de leur objectif réel : livrer de meilleurs résultats aux investisseurs.  

« Beaucoup vont probablement abandonner l’acronyme ESG. Au fond, il s’agit simplement d’investir de façon constructive en prenant en compte tous les risques, tant financiers que non financiers. »

Cet article fait partie du programme Gestionnaires en direct, commandité par Gestion d’actifs CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.

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Nicolas Ritoux

Nicolas Ritoux est journaliste indépendant. Il collabore à Conseiller.ca depuis 2009.