Les titres à revenu fixe reviennent en force

Par La rédaction | 22 September 2025 | Last updated on 19 September 2025
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Risque d'investissement dans le détenteur d'obligations momey et dans le fonds FNB. Défaut de paiement Ralentissement économique 2024-2026.
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Les obligations vivent une renaissance. Négligés pendant la période de taux d’intérêt proches de zéro, les titres à revenu fixe retrouvent aujourd’hui leur attrait auprès des investisseurs canadiens. Cette évolution marque un tournant significatif pour une classe d’actifs parfois sous-estimée.

Cette catégorie d’investissement traverse actuellement « un âge d’or », déclare Aaron Young, directeur exécutif et chef de la gestion de portefeuilles clients chez Gestion globale d’actifs CIBC (GGAC), interrogé dans le cadre du balado Conseils Intelli de la Banque CIBC. Un changement de paradigme qui s’explique par le retour de rendements substantiels après une longue traversée du désert.

UN ÉQUILIBRE RETROUVÉ

« Nous avons atteint un bon équilibre sur les marchés des titres à revenu fixe, car cette catégorie d’actifs peut générer un potentiel de revenu très intéressant pour les clients », explique le gestionnaire, fort de plus de 15 années d’expérience dans le secteur.

Cette situation contraste radicalement avec la période récente où les rendements quasi nuls avaient vidé les obligations de leur substance. Les titres à revenu fixe ont ainsi retrouvé leur double fonction traditionnelle : procurer des revenus prévisibles tout en jouant leur rôle de protection contre la volatilité des actions.

Le contexte actuel présente néanmoins ses défis. Les incertitudes macroéconomiques, qu’elles concernent les politiques commerciales, les tarifs douaniers ou les tensions géopolitiques, créent une volatilité que les gestionnaires actifs savent toutefois transformer en occasions de rendement supplémentaire.

DES SOLUTIONS INNOVANTES ÉMERGENT

Au-delà des certificats de placement garanti (CPG), solutions privilégiées par de nombreux Canadiens, l’industrie développe de nouveaux instruments. Les fonds d’obligations de première qualité, notamment, offrent une alternative intéressante en combinant la prévisibilité d’une date d’échéance avec les avantages de la négociation obligataire.

Ces véhicules permettent aux investisseurs de bénéficier d’obligations négociées à escompte, qui se rapprochent de leur pleine valeur à l’approche de l’échéance — un avantage inexistant sur le marché des CPG traditionnels.

LA QUESTION DU RISQUE DE RÉINVESTISSEMENT

L’un des enjeux majeurs identifiés par les professionnels concerne le risque de réinvestissement, particulièrement aigu dans un contexte de baisse anticipée des taux d’intérêt. Les investisseurs qui se contentent de renouveler annuellement leurs CPG d’un an s’exposent à ce piège.

La solution préconisée repose sur l’« échelonnement » des échéances, une stratégie de diversification temporelle qui consiste à répartir les investissements sur des durées allant d’un à cinq ans. Cette approche permet de se protéger tant contre la hausse que contre la baisse des taux.

INTÉGRATION PORTFOLIOS ET BESOINS SPÉCIFIQUES

Contrairement aux marchés des actions, le secteur obligataire demeure un environnement traditionnellement moins efficace, où les titres ne sont pas négociés en Bourse, mais par l’intermédiaire de courtiers. Cette caractéristique, loin d’être un inconvénient, représente une source d’occasions pour les gestionnaires actifs capables d’exploiter ces inefficacités structurelles.

Pour les professionnels de la finance, la question n’est plus de savoir si les titres à revenu fixe ont leur place dans les portefeuilles, mais plutôt comment les intégrer efficacement selon les profils de risque et les échéances des besoins de liquidité.

L’approche recommandée s’inspire des pratiques institutionnelles, où les investissements sont guidés par les passifs. Qu’il s’agisse de financer l’acquisition d’une résidence, des frais de scolarité ou tout autre projet à échéance définie, les solutions obligataires peuvent être calibrées pour répondre précisément à ces besoins temporels.

Cette renaissance des titres à revenu fixe s’inscrit dans un contexte où l’inflation, bien qu’en recul par rapport aux pics postpandémiques, demeure une préoccupation centrale pour les épargnants canadiens. Dans ce contexte, maintenir des liquidités improductives représente un coût d’opportunité que les obligations permettent désormais d’éviter, tout en préservant la sécurité du capital.

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La rédaction