Nos politiciens sauront-ils éviter une récession ?

Par La rédaction | 22 April 2025 | Last updated on 16 April 2025
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Diagramme d'affaires avec des flèches répondant à la baisse
peshkov / iStock

Peu importe l’issue des élections fédérales, la prudence est de mise dans les portefeuilles à revenu fixe, indique Adam Ditkofsky, gestionnaire principal de portefeuille, revenu fixe mondial, Gestion d’actifs CIBC.

 « Les candidats se concentrent principalement sur l’attitude à adopter face aux menaces tarifaires de l’administration américaine, qui visent à stimuler son marché de l’emploi et à réduire ses déficits avec ses partenaires commerciaux. Bien que le Canada ne soit pas directement visé par les plus récentes mesures de rétorsion tarifaire, il continue de subir des droits de 25 % sur certains produits comme les véhicules et l’acier — une pression non négligeable sur son économie. L’incertitude demeure néanmoins, et alimente les risques d’une récession des deux côtés de la frontière », analyse Adam Ditkofsky.

 « Environ 70 % du PIB américain est constitué des dépenses des consommateurs, qui se sont habitués aux biens abordables, qu’il s’agisse d’automobiles, de cafés ou de tout ce qu’on peut acheter à Walmart. Avec une hausse des tarifs moyens à plus de 20 % contre 2,5 % l’année dernière, ils vont certainement ressentir un impact. »

L’expert considère que les deux partis en tête des sondages ont un programme similaire en termes de soutien aux entreprises et de réduction de la dépendance aux États-Unis. Les deux promettent par exemple d’éliminer les tarifs interprovinciaux et de réduire les impôts. 

 Mark Carney a annoncé :

  • un fonds de 5 milliards de dollars pour la diversification des échanges commerciaux,
  • des crédits d’impôts pour les personnes âgées,
  • et l’élimination de la taxe carbone pour les consommateurs.

Il parle aussi d’un contre-tarif de 25 % sur les véhicules américains, et de quotas de production dans le secteur agro-alimentaire.  

Pierre Poilièvre souhaite aussi réduire les impôts et éliminer la taxe carbone, mais en y incluant les émissions industrielles. Il a annoncé des crédits d’impôt sur les gains en capitaux réinvestis au Canada, ce qui aurait d’importantes implications pour les investisseurs. Enfin, il veut accélérer certains projets d’infrastructure et renégocier l’accord ACEUM (Accord Canada-États-Unis-Mexique) tout en suspendant les tarifs. 

 « En somme, les deux semblent portés à stimuler la croissance et à atténuer les craintes d’une récession. Si celle-ci se profile néanmoins, il faudra que la Banque du Canada se mêle de la partie. Pour le moment, on s’attend à ce qu’elle réduise son taux directeur à deux reprises d’ici septembre pour atteindre 2,25 % », souligne Adam Ditkofsky.

Pour les investisseurs à revenu fixe, les deux tendances à retenir pour 2025 sont l’élargissement des écarts de rendement entre obligations gouvernementales et de sociétés, et l’accroissement de la raideur de la courbe de rendement. Celle-ci compare les taux des obligations du Canada sur deux ans et sur 30 ans ; or elle s’est rétablie depuis l’été dernier lorsqu’elle était négative ou inversée. 

 « Au fil des derniers mois, nous avons repositionné nos portefeuilles d’obligations sur des échéances courtes, afin de réduire le risque de crédit, car nous croyons que la courbe de rendement pourrait encore se raidir à mesure que les banques centrales réduisent leurs taux. Dans les titres de sociétés, nous privilégions en outre des secteurs défensifs comme les services d’utilité publique, les infrastructures, et les télécommunications », dit Adam Ditkofsky. 

Face au niveau de risque élevé qui prévaut actuellement sur les marchés, il recommande une stratégie à faible volatilité. 

« Il est important de bien équilibrer les actions et les obligations, et parmi ces dernières, il faut minimiser le risque de crédit lié aux obligations de moindre qualité, incluant le haut rendement. Une fois que l’on a bien diversifié ses actifs, on peut ignorer les annonces quotidiennes de Donald Trump et maintenir le cap sur son horizon d’investissement à long terme. »

Cet article fait partie du programme Gestionnaires en direct, commandité par Gestion d’actifs CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.

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La rédaction