À fond sur les technos

Par Nicolas Ritoux | 3 September 2024 | Last updated on 29 August 2024
3 min read
Les hommes d'affaires utilisent une tablette et un téléphone intelligent pour la bourse
orientfootage / iStock

Le secteur des technologies offre les actions les plus performantes, mais encore faut-il savoir les choisir, dit Robertson Velez, gestionnaire de portefeuille à Gestion d’actifs CIBC.

Il attribue la surperformance du secteur à deux raisons. D’abord, il a fortement remonté de son creux post-pandémique de 2022 grâce aux effets d’échelle de ses sept plus grandes sociétés (les « 7 Magnifiques ») ainsi qu’à leurs solides états financiers qui les ont mises à l’abri des hausses de taux. Ensuite, il y a l’engouement autour de l’IA générative, qui a le potentiel d’entraîner « une révolution du même type que l’internet ou les téléphones intelligents ».

Selon l’expert, les portefeuilles équilibrés de type 60/40 devraient consacrer l’entièreté de leur portion actions au secteur des technos. 

« Je suis conscient que ce n’est pas l’opinion la plus répandue, mais puisque ce secteur apporte les meilleurs rendements ajustés selon le risque, et puisqu’il représente 30 % de l’indice S&P500 de toute façon, alors pourquoi ne pas s’y exposer pleinement ? Bien sûr, cela implique une volatilité plus élevée et chaque investisseur doit donc prendre sa décision selon sa tolérance au risque », dit Robertson Velez.  

Au sein du secteur, les plus belles occasions à saisir se trouvent dans l’IA générative.

« Tout le monde a entendu parler de ChatGPT, mais celui-ci n’a fait que gratter la surface des possibilités. Chaque jour le monde produit plus de 300 millions de téraoctets de données qui ont énormément de valeur, mais se présentent sous forme non structurée et inintelligible à l’humain. L’IA générative est le meilleur outil que nous ayons pour tirer du sens de ces données. Des modèles peuvent être développés pour les comprendre et nous les expliquer en langage humain, et ouvrir la voie à d’immenses gains de productivité », croit Robertson Velez.

Comment cette vision se traduit-elle dans un portefeuille d’actions technos ? 

« Nvidia est clairement le chef de file de la mouvance puisqu’elle fabrique une bonne partie des puces qui propulsent l’IA. À long terme, de nombreuses entreprises n’auront d’autre choix que d’adopter l’IA pour rester concurrentielles et cela se traduira par l’expansion continue des centres de données, dont profitera Nvidia », indique Robertson Velez.

Il cite aussi le fournisseur d’usinage de semiconducteurs ASML, le géant de la connectivité Broadcom, Microsoft en raison de son partenariat avec OpenAI (ChatGPT), et tout autre éditeur de logiciels qui puisse profiter de l’intégration de l’IA, comme ServiceNow ou Salesforce. Il y a aussi Apple, Alphabet, et Meta qui ont toutes un grand potentiel de distribution auprès des consommateurs. 

« Le défi pour les investisseurs est de bien choisir les actions plutôt que le secteur. Oui, les technologies ont beaucoup surperformé ces deux dernières années, mais cela provenait principalement des 7 Magnifiques. Il se pourrait bien que la performance s’étende au reste du secteur. Bien que nous restions concentrés sur les titres de plus haute qualité, nous nous efforçons de repérer de bonnes occasions parmi les sociétés de plus petite taille, comme Trade Desk ou Shopify », partage Robertson Velez.

Pour lui, la chute qu’ont connue les titres du secteur en 2022 était le signal d’un nouveau cycle prometteur.

« Le secteur des technos suit des cycles d’environ une dizaine d’années, à peu près alignés sur les cycles économiques. Il a connu un creux en 2000 avec l’éclatement de la bulle techno, puis en 2008 avec la crise financière, et en 2022 avec la renormalisation post-COVID. Je crois que nous avons entamé un nouveau cycle long où l’IA générative va dévoiler son plein potentiel. Bien sûr, je m’attends à traverser des épisodes de volatilité, mais cela fait partie de la prise de risque quand on vise des rendements supérieurs. »

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.

Abonnez-vous à nos infolettres

Nicolas Ritoux

Nicolas Ritoux est journaliste indépendant. Il collabore à Conseiller.ca depuis 2009.