Comment bien choisir et évaluer son gestionnaire de portefeuille

Par Nicolas Ritoux | 18 June 2024 | Last updated on 19 June 2024
3 min read

Les conseillers doivent avant tout prendre en compte les besoins et caractéristiques propres à leur client, explique Philip Lee, directeur général, recherche des gestionnaires, solutions de placement totales, Gestion d’actifs CIBC. 

« La plupart du temps, le critère de choix d’un gestionnaire est sa capacité à battre un indice boursier donné. Mais les clients peuvent aussi prioriser d’autres critères comme la génération d’un revenu, ou la modération de la volatilité », propose Philip Lee.

L’expert insiste sur l’importance de la philosophie du gestionnaire, au-delà de son choix de titres spécifiques. 

« Si par exemple un gestionnaire spécialisé dans les actions américaines de style croissance est parvenu à battre l’indice S&P 500 au cours des dix dernières années, cela s’explique davantage par son penchant pour le style croissance que par son talent à choisir les actions. D’autres gestionnaires peuvent plutôt préférer les titres sous-évalués par rapport au reste du marché, et d’autres encore peuvent favoriser les entreprises de qualité en fonction des rendements sur capital investi ou de l’évaluation qualitative des modèles d’affaires. D’autres stratégies consistent à répondre à des besoins spécifiques des clients, comme d’opter pour une volatilité réduite tout en capturant un certain niveau de rendement à long terme », poursuit Philip Lee.

Une fois le gestionnaire choisi, il est important de garder un œil sur son travail pour en suivre l’évolution.

« Il faut d’abord surveiller la stabilité de l’équipe, car toute organisation humaine est sujette à des changements imprévus tels que de mauvaises nouvelles ou des départs inattendus de personnel clé. Parfois les changements peuvent être positifs et déboucher sur de meilleures décisions », souligne Philip Lee.

« Du côté de l’investissement, il faut s’assurer de la cohérence des placements, du raisonnement qui les sous-tend, et de la temporalité des achats ou ventes, qui peuvent en dire long sur la compétence du gestionnaire. Enfin, il s’agit de se tenir au courant des nouvelles pertinentes, de lire les analyses du gestionnaire s’il en publie, et d’avoir des interactions régulières avec lui pour discuter en personne de ses décisions », poursuit Philip Lee.

S’il s’avère que le gestionnaire faillit à répondre aux attentes, et qu’il est incapable de se corriger une fois les faits exposés, il ne faut pas hésiter à s’en chercher un autre, croit l’expert. 

Outre la stabilité organisationnelle susmentionnée, il recommande d’étudier en profondeur les attributs qui font que l’équipe demeure solide, comme la culture de la firme, son engagement à l’excellence, son degré de collaboration interne, et ses mécanismes d’imputabilité. Du côté de la philosophie d’investissement, il faut en outre s’assurer que le gestionnaire maintienne une large variété d’idées de placement, et s’engage dans des recherches fondamentales approfondies. Il doit également être capable de reconnaître ses propres biais et de les compenser de manière appropriée.

 « Au final, bien identifier les besoins du client et bien choisir son gestionnaire permet d’engager dans des discussions productives en cas de sous-performance, et d’évaluer objectivement si la stratégie fonctionne toujours ou s’il faut la réévaluer », dit Philip Lee.

« Cela évite aussi de décider de se séparer de son gestionnaire de manière intempestive, en perdant de vue les objectifs du client avec au bout du compte des conséquences négatives sur son patrimoine », précise-t-il.

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.

Abonnez-vous à nos infolettres

Nicolas Ritoux

Nicolas Ritoux est journaliste indépendant. Il collabore à Conseiller.ca depuis 2009.