En finances comme en cuisine, tout est dans l’équilibrage

Par Nicolas Ritoux | 6 August 2024 | Last updated on 1 August 2024
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Comparaison sur une balance.
erhui1979 / iStock

L’équilibrage des portefeuilles s’apparente à la cuisine : ce n’est pas tout d’avoir les ingrédients, il faut aussi maîtriser la recette, illustre Michael Keaveney, vice-président, Solutions gérées, Gestion d’actifs CIBC.

« Les produits équilibrés sont composés à la fois d’obligations et d’actions afin que les premières offrent une protection lorsque les secondes souffrent. C’est le phénomène auquel on a assisté durant la grande crise financière de 2008 : les actions ont chuté, mais les obligations se sont bien portées, venant démontrer la sagesse de la diversification », explique Michael Keaveney.

« Mais en 2022, les deux catégories ont souffert en même temps et certains ont alors douté du bien-fondé de l’approche équilibrée, et ils ont fui vers d’autres placements plus sûrs à court terme, comme les CPG (certificats de placement garanti). Depuis, la reprise des marchés d’actions et la fin des hausses de taux ont fini par payer pour les investisseurs qui avaient conservé leur discipline d’équilibrage et ont finalement bien mieux performé que les CPG », poursuit l’expert.

Alors que les banques centrales ont entamé un cycle de baisses de taux d’intérêt, les CPG et autres comptes d’épargne à intérêt élevé devraient logiquement perdre leur attrait et ramener les brebis égarées vers l’approche équilibrée, croit-il. 

Cette dernière remporte aussi l’argument fiscal, puisqu’elle produit trois types de revenus potentiels, soient les intérêts, les dividendes, et les gains en capital. Dans un compte non enregistré, les intérêts seront pleinement imposables tandis que les deux autres profitent d’un rabais fiscal. Les CPG, en revanche, ne produisent que des intérêts pleinement imposables.

« Du point de vue comportemental, un portefeuille équilibré offrira toujours un rendement inférieur à l’actif le plus performant du moment, et les investisseurs peuvent avoir l’impression de rater de belles occasions. Ils doivent simplement accepter qu’ils ne monteront jamais au sommet du podium de la performance puisqu’il y aura toujours des éléments de leur portefeuille qui sont en train de sous-performer. La tentation sera alors de se débarrasser de ces éléments, mais c’est justement une erreur à long terme. Nous sommes tous humains et exposés à la peur et au regret, mais le meilleur antidote reste d’avoir un plan d’investissement avec des objectifs clairs et de s’y tenir », ajoute Michael Keaveney.

« Un autre défi comportemental est de comprendre que ce n’est pas parce que l’on possède des connaissances sur certaines catégories d’actifs que l’on sait pour autant gérer un portefeuille équilibré. Cela nécessite un degré supérieur d’expertise. Les catégories d’actifs sont comme les ingrédients potentiels à inclure dans une recette : il reste à savoir bien les assembler. Les compétences d’un chef cuisiner dépassent la simple connaissance des ingrédients », illustre-t-il.

Une solution de placement équilibrée permet donc de se concentrer sur les résultats d’ensemble à terme, sans se laisser distraire par les performances individuelles des actifs sous-jacents.

Les investisseurs canadiens ont accès à de nombreuses variations de ces solutions, avec un large volet d’équilibrages allant de 30 % à 90 % d’actions selon leur profil, fait valoir Michael Keaveney.

« Certaines correspondent mieux aux épargnants en phase d’accumulation de richesse, et d’autres à ceux qui veulent recevoir des distributions régulières. En règle générale, les solutions équilibrées s’adressent à tous ceux qui ont un horizon d’investissement à long terme et présentent une tolérance au risque faible à moyenne. »

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.

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Nicolas Ritoux

Nicolas Ritoux est journaliste indépendant. Il collabore à Conseiller.ca depuis 2009.