Investir dans les services pour se protéger des tarifs

Par Nicolas Ritoux | 11 March 2025 | Last updated on 10 March 2025
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Les entreprises canadiennes les moins affectées par les tarifs douaniers américains se trouvent dans le secteur des services, croit Natalie Taylor, gestionnaire de portefeuille, Gestion d’actifs CIBC.

« Dans les six derniers mois, le marché canadien a été transformé par le retour de Donald Trump à la Maison Blanche. Alors que nous profitions d’un atterrissage économique en douceur avec des taux peu élevés, nous faisons maintenant face à la menace d’une guerre commerciale avec un ralentissement de la croissance et un risque accru d’inflation », observe Natalie Taylor.

 « Donald Trump a clairement établi ses priorités, incluant la simplification bureaucratique, la baisse de l’immigration, la renégociation des accords commerciaux, la déréglementation et l’affaiblissement du dollar américain. Mais le marché a du mal à suivre le rythme chaotique des changements. »

L’experte entrevoit des marchés mondiaux à la hausse d’ici la fin de l’année, mais au prix d’une progression inégale. Les principaux vecteurs d’incertitude seront la vigueur du consommateur américain et l’investissement dans les infrastructures de l’intelligence artificielle (IA), qui auront des effets sur plusieurs secteurs d’activités dont les semi-conducteurs, l’énergie, les industries et l’immobilier. Mais pour le Canada, l’avenir dépend surtout de l’issue du conflit commercial et de la renégociation de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM).

 « Nos principaux secteurs d’exportations sont l’énergie et l’automobile. S’ils sont fortement affectés, cela pourrait entraîner une baisse de 5 % du PIB. Il faut s’attendre en conséquence à des mesures de relance monétaire et d’accroissement de la compétitivité », prévient Natalie Taylor.

Dans ce contexte, elle recommande de favoriser les actions à dividendes, qui permettent de maintenir le cap dans les périodes d’incertitude comme celle que nous traversons. Il s’agit en général d’entreprises solides, bien établies et disciplinées dans leur gestion. Les dividendes du TSX ont d’ailleurs atteint environ 10 % en 2023, et 20 % en 2024.  

Le secteur des services reste le plus à l’abri d’éventuels tarifs douaniers américains ; l’experte cite par exemple la firme torontoise de gestion de flotte Element Fleet, qui opère principalement à l’intérieur des États-Unis.

Et si le Canada prend des mesures de relance monétaire en réponse aux tarifs, alors il sera important de se tourner vers les services « défensifs à haut rendement », comme les télécommunications et les services publics, croit-elle. 

« Le secteur des télécommunications a souffert ces dernières années sous l’effet d’une concurrence accrue, mais celle-ci se stabilise. Un titre comme celui de Telus, qui offre plus de 7 % de dividendes, s’échange à sa juste valeur et devrait peu de reculer en cas de ralentissement économique », soutient Natalie Taylor.

Mais il faut aussi rester optimiste et considérer l’éventualité d’un règlement du conflit, sans l’imposition de tarifs. La confiance reviendrait alors en force sur le marché, ce qui réénergiserait certains secteurs, notamment les transports ferroviaires, indique-t-elle.

« Nous faisons face à un large éventail de possibilités et il est donc difficile d’avoir des convictions. La meilleure approche dans ce cas est d’investir dans des entreprises de haute qualité et en croissance, qui sauront tirer leur épingle de toute éventualité, et de bien diversifier son portefeuille. » 

Cet article fait partie du programme Gestionnaires en direct, commandité par Gestion d’actifs CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.

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Nicolas Ritoux

Nicolas Ritoux est journaliste indépendant. Il collabore à Conseiller.ca depuis 2009.